Ce 22 janvier devrait être un grand jour pour la diplomatie suisse. C’est en effet aujourd’hui qu’entre en vigueur le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TPNW), traité qui a vu le jour à la suite d’une initiative suisse. En mai 2010 en effet, la conseillère fédérale Calmy-Rey, cheffe du DFAE, déclarait aux Nations unies que «l’arme nucléaire est illégale, car elle frappe sans distinction et viole sans exception les principes du droit international humanitaire. Il faut la délégitimer et la mettre hors la loi au moyen d’une nouvelle convention.» Son message était en totale adéquation avec l’identité et les valeurs suisses. En parallèle aux efforts de la société civile, notre pays lançait ainsi au sein de l’ONU le processus qui débouchait en 2017 sur l’adoption du TPNW.

Or, la Suisse ne célébrera pas cet événement, car en 2017 le Conseil fédéral refusait de signer le TPNW sur demande du conseiller fédéral Ignazio Cassis. Le chef du DFAE se basait sur un rapport de ses services, dont l’argumentaire était si discutable qu’il ne convainquait pas le parlement. En effet, en 2018, les Chambres écartaient le rapport et adoptaient ma motion 17.4241 demandant au Conseil fédéral de signer au plus vite le TPNW. A ce jour, ce dernier s’y oppose toujours, prétextant «prendre le temps de la réflexion».