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Les portables à l'école, un fléau à combattre pour Jean-Michel Blanquer.
© 123RF

La vie à 30 ans

Interdire les portables à l’école, non mais allô quoi!

OPINION. Notre chroniqueuse aurait détesté qu’on la prive de téléphone à l’école. Et propose une autre idée au ministre de l’Education français…

Je comprends qu’il y ait de très bonnes raisons d’interdire les téléphones portables en classe, comme vient de le faire adopter par une loi le populaire ministre français de l’Education, Jean-Michel Blanquer. Il est vintage, Blanquer. Il a l’air d’un monsieur sorti d’une classe de Pagnol, quand ça devait sentir la craie fraîche, avec le son des grillons à l’extérieur.

J’imagine la difficulté et même l’énervement aujourd’hui de l’enseignant qui voit ses élèves pianoter en pouffant de temps à autre. Je sais que ça déconcentre le prof comme le jeune écolier. Après avoir reposé son portable, il faudrait même 9 minutes pour que le cerveau soit à nouveau complètement focalisé sur ce qu’il se passe en dehors du monde virtuel. En Suisse aussi, la tentation d’une telle interdiction grimpe, elle est de compétence cantonale, et de nombreuses écoles ou collèges la pratiquent déjà. Fribourg notamment l’a même intégrée à sa loi scolaire.

Mais sachant que 99% des 12-19 ans ont un téléphone portable, en Suisse, et y passent entre trois et quatre heures par jour, interdire son usage relève de la prestidigitation. Les profs devront-ils ainsi se transformer en police du smartphone chaque matin pour les collecter, les confisquer, fouiller les sacs? Ou alors l’école doit-elle se passer de wi-fi, installer carrément un système de brouillage des téléphones?

J’aurais détesté qu’on m’interdise le portable à l’école! J’aurais alors passé mon temps à braver cela, à le cacher, à prétendre que je n’en avais pas, à envoyer des messages sous la table, à essayer de tricher avec, à rigoler avec les copines en passant par WhatsApp, à regarder des vidéos pendant les cours ennuyeux, à faire des photos.

Je plaide donc pour la stratégie inverse: tous les portables sur les pupitres. Comme des instruments de travail. «Vous avez exactement deux minutes pour me trouver le nom du général qui commandait l’armée prussienne à Waterloo, celui d’un groupe de pop suédois qui a fait un tube de cette bataille, ainsi que l’auteur et le nom du poème fameux qui la raconte. Je veux vos réponses sur le groupe WhatsApp de la classe, et ensuite nous lirons ce sonnet incroyable.» Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi simple. Mais je crois plus à un enseignement avec le portable que contre lui. Même si j’aime Pagnol et l’odeur de la craie.


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