Ce lundi matin, son sourire mutin et ses yeux clairs sous une frange un peu rebelle illuminent la page une du Temps. Et l’on se souvient qu’il y a presque un quart de siècle, elle avait dit à Marie-Claude Martin dans Le Nouveau Quotidien: «Je suis pour tout ce qui rend les gens heureux.» Comme une profession de foi simple et modeste, à l’image de cette fille éclair passée dans l’histoire du cinéma et de la chanson (voir nos quelque 300 archives) telle une muse inspiratrice, un peu volage, amicale et insaisissable.


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Une Femme est une femme, disait le titre programmatique du film de Godard en 1961 (avec Brialy), auquel Franck Jotterand, dans la Gazette de Lausanne, avait consacré un très beau texte: «Anna Karina, ses moues, son sourire, ses perplexités, son accent étranger, sa façon ravissante de se mouvoir. Anna Karina, c’est l’anti-Bardot, c’est un animal fragile et têtu, une Marilyn Monroe dans ses meilleurs jours.» Excusez du peu. Prix d’interprétation à la Berlinale la même année. Réplique culte: «Emile, j’ai pensé à quelque chose tout à coup… Tu m’emmerdes!»