L’éditorialiste Jean Chichizola du Figaro titre «La France dans une nouvelle guerre de trente ans». Il pourrait bien avoir raison. Les exemples abondent. L’hommage au professeur d’histoire Samuel Paty a été l’objet de 400 violations dans les écoles françaises. Rien qu’à Strasbourg, six incidents. Des collégiens ont refusé de participer à la minute de silence. Déjà en janvier 2015, en mémoire aux 12 morts de Charlie Hebdo, plus de 200 incidents avaient eu lieu. Certains jeunes gens avaient même fait l’apologie du terrorisme. Evidemment, ces égarés ne faisaient que refléter l’opinion familiale. On ne peut pas tenir compte de tous ceux «qui n’en pensaient pas moins» et qui n’ont pas osé s’exprimer.

Minorité agissante

Même dans la banlieue de Lausanne, lors de réunions à la mosquée, certains membres de la communauté ont exprimé à leurs coreligionnaires – qui n’approuvaient pas ces propos extrémistes – une approbation des attentats islamistes divers, à commencer par l’attaque des tours de Manhattan en 2001, avec généralement une phrase du genre «ils l’ont bien cherché». En Suisse, des jeunes filles qui, il y a quelques années, s’intégraient en surjouant la séduction, sont devenues partisanes de l’extrémisme. Ce qui est grave, c’est que même si la majorité des musulmans reste probablement modérée, la vision de la minorité agissante actuelle n’est pas réjouissante.