Editorial

Israël, un pouvoir à la dérive

L’envoi d’un commando nocturne puis les déclarations à l’emporte-pièce des autorités israéliennes justifiant ce massacre donnent une fois de plus l’image d’un gouvernement israélien à la dérive et sourd à toute critique

En ouvrant le feu dans les eaux internationales sur des activistes pro-palestiniens de quarante nationalités transportant une aide humanitaire vers Gaza, Israël s’inflige un fiasco à la fois militaire, diplomatique et moral. Militaire, car de toute évidence soit les soldats israéliens étaient mal informés – comme ils le prétendent – sur la capacité de résistance des passagers du Marmara soit ils ont fait un usage totalement disproportionné de la violence – comme le soutiennent les responsables de la «flottille de la paix».

Une défaite diplomatique ensuite, car le gouvernement israélien s’isole un peu plus sur la scène internationale suite à un acte d’agression qui le met en situation de quasi-conflit avec la Turquie, l’un des rares pays musulmans dits «modérés» avec lequel il entretient des relations diplomatiques. Les condamnations ont fusé non seulement dans le monde musulman, mais également en Europe et à l’ONU, plusieurs Etats exigeant une enquête sur les circonstances de ce drame qui a coûté la vie à au moins dix personnes.

Une défaite morale enfin, car le recours à la force contre 700 militants se décrivant comme pacifiques et parmi lesquels on trouve des députés de plusieurs pays européens, un Prix Nobel de la paix et un rescapé des camps de concentration traduit l’incapacité d’Israël de convaincre le reste du monde de son bon droit autrement que par les armes.

S’il est légitime de s’interroger sur la nature exacte des liens avec le Hamas de l’ONG turque qui a affrété trois des six navires de la flottille, il est par contre absurde de qualifier de «terroriste» une action humanitaire bénéficiant d’un large soutien international. L’envoi d’un commando nocturne puis les déclarations à l’emporte-pièce des autorités israéliennes justifiant ce massacre donnent une fois de plus l’image d’un gouvernement israélien à la dérive et sourd à toute critique.

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