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 Luigi Di Maio, leader du M5S.
© Antonio Masiello/Getty Images

Éditorial

En Italie, l’attelage mal assorti des populistes

Les deux gagnants des législatives de mars, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, sont sur le point de former un gouvernement. Mais des divergences importantes demeurent

On l’a vu aux Etats-Unis avec Donald Trump, en Allemagne et en France avec l’effondrement des partis traditionnels. Dans cette crise sans précédent de la démocratie représentative, l’Italie ne fait pas exception. Le pays pourrait introniser ces prochains jours un gouvernement qui veut faire table rase de la vieille politique. Une coalition a priori contre nature formée de la Ligue, qui a succédé à la Ligue du Nord de l’erratique Umberto Bossi, et du Mouvement 5 étoiles (M5S), dont le slogan a longtemps été l’anti-politique. Le mariage d’un nationalisme véhément et d’un populisme anti-système qui a tout du cocktail explosif.

On devrait pourtant se féliciter que les deux gagnants des législatives de mars veuillent s’entendre pour gouverner. Ces formations représentent à elles deux une majorité d’Italiens souhaitant mettre fin à la partitocratie qui mine le pays depuis des années. Mais le rapprochement de la Ligue et du M5S, à travers un contrat de gouvernement dont plusieurs points centraux restent à définir, tient davantage du style que du fond. La Ligue continue de faire campagne, en Lombardie et en Vénétie, contre une redistribution de la manne étatique vers le Sud. Le M5S, fondé par le comique Beppe Grillo, a au contraire fait des promesses au Sud qui seront difficiles à tenir. Notamment l’introduction d’un revenu universel de 780 euros pour qui perd son travail.

Bruxelles derrière les accords de Dublin

L’Union européenne a des raisons d’être inquiète. La Ligue considère l’euro comme une aventure vouée à l’échec. Le Mouvement 5 étoiles dit, lui, tout et son contraire, appelant, comme son fondateur Beppe Grillo, à un référendum sur la monnaie unique ou à s’allier aux macronistes au Parlement européen. Mais l’UE porte une part de responsabilité dans l’avènement de ce national-populisme. L’Italie a été trop longtemps livrée à elle-même, Bruxelles se cachant derrière les graves failles du système de Dublin en matière d’asile.

Lire aussi: «Le M5S et la Ligue ne déchireront pas les traités européens»

Le futur gouvernement de coalition Jamaïque, s’il voit le jour, commencera son travail avec le couteau sous la gorge. La troisième économie de la zone euro connaît une croissance anémique, plombée par un Sud qui n’a jamais vraiment pu décoller en dépit de milliards investis par la Cassa del Mezzogiorno. Surendettée, l’Italie est à la merci des marchés financiers en cas de nouveau dérapage budgétaire. Pour relever le défi économique, il faudrait un programme de gouvernement cohérent du début à la fin. On en est loin.

La dernière inconnue, c’est le Mouvement 5 étoiles lui-même. Après avoir tiré sans distinction sur les institutions démocratiques, il va être confronté aux contraintes du pouvoir. Et l’art de gouverner est loin d’être un simple exercice de rhétorique, ou un de ces référendums sur internet dont le M5S a fait son principal mode de décision.

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