Etats-Unis 

Ivanka Trump, une «First Lady» en devenir

Alors que le clan Trump est déjà accusé de népotisme, la fille aînée du président élu pourrait bien voler la vedette à son épouse, Melania

A peine parvenu au sommet, le clan Trump agace déjà. Conflits d’intérêts et prérogatives exceptionnelles: le mélange argent et politique au sein du proche entourage du président élu s’avère délicat. Et sa tendance au népotisme, persistante. Constamment exposée durant la campagne, la fille aînée de Donald Trump, Ivanka, pourrait bien jouer un rôle clé dans la symphonie républicaine qui s’accorde ces jours-ci. Voire ravir le rang de première dame à Melania, la troisième femme du président.

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Universitaire de 35 ans, la blonde sculpturale incarne la réussite, le canon d’une esthétique à l’américaine. Femme d’affaires à la tête d’un empire dans la mode, Ivanka est aussi une femme de pouvoir en tant que vice-présidente du département développement et acquisitions de la Trump Organization. Plus jeune, plus rusée que la troisième épouse de Donald Trump, Ivanka est l’alter ego féminin de son père, sa conseillère, la face lumineuse qui adoucit ses excès. Elle est aussi un joker quand on accuse le nouveau cabinet d’être conservateur ou antisémite, à l’image de Stephen Bannon. Elle s’est en effet convertie en 2009 au judaïsme pour épouser Jared Kushner, promoteur immobilier démocrate. Elle porte désormais le nom hébreu de Yaël. Elle est, en outre, grande copine avec Chelsea, la fille des Clinton.

Une relation ambiguë

Ivanka jouit d’une aura particulière auprès son père. C’est elle qui l’introduit sur scène au moment d’annoncer sa candidature aux élections présidentielles, puis lorsqu’il remporte la primaire républicaine. En mars 2006, à l’antenne du show télévisé «The View», Donald Trump déclare qu’il «sortirait peut-être avec Ivanka, si elle n’était pas sa fille». Face au présentateur interloqué, il expliquera ensuite avoir voulu rire de «son penchant pour les jeunes femmes». 

Des clichés montrant père et fille proches de s’embrasser sur la bouche illustrent encore leur relation ambiguë. Comme dans un complexe d’Œdipe inversé, l’héritière choyée finira-t-elle par évincer l’épouse officielle qui ne semble pas particulièrement attirée par la fonction?

Un noyau familial soudé

Alors que Donald Trump réorganise ses affaires pour les besoins de sa nouvelle fonction politique, les collisions risquent d’être fréquentes. Ses trois enfants les plus âgés devraient avoir accès à des informations confidentielles de sécurité fournies par la Maison-Blanche et les services de renseignement. De même que son gendre, Jared Kushner, investi de la fonction de conseiller. Quelles sont les qualifications de Jared pour avoir un siège à la table présidentielle?, s’interroge @mikiebarb. On murmure également que sa première épouse, Ivana, a déjà manifesté son intérêt pour le poste d’ambassadrice des Etats-Unis dans sa République tchèque natale. 

Lundi, la firme Ivanka Trump Fine Jewelry lançait la promotion d’un bracelet évalué à 10 000 dollars. Problème, s’est tout de suite insurgée la presse: la veille, la jeune femme arborait ce même bijou aux côtés de son père à une heure de forte audience télévisée. «Je me réjouis de découvrir la nouvelle fragrance d’Ivanka: conflit d’intérêts», attaque la chroniqueuse du «New York Times» Ana Marie Cox sur Twitter.

«Dallas… ton univers impitoyable», plaisante Lili sur le site de 20 minutes, comme devant un «mauvais feuilleton». Il est vrai que le jeu de rôle millimétré des nouveaux locataires de la Maison-Blanche s’apparente aussi à Dynasty, la série des années 80 dans laquelle une famille règne sans limites sur Denver. Soit le parfait reflet de cette élite impénétrable et exclusive, tant honnie par le nouveau président. Le clan Trump, la loi du plus fort?

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