Judith Jarvis Thomson (1929-2020), philosophe américaine parmi les figures les plus marquantes dans l’étude de la normativité et de l’éthique, s’est éteinte ce 20 novembre à l’âge de 91 ans. Professeure émérite au MIT, sa carrière s’est étendue sur cinq décennies consacrées à la recherche, à l’enseignement et à la publication de plusieurs articles et ouvrages sur la nature des valeurs, des normes et des droits. Parmi ses ouvrages les plus importants, nous rappelons The Realm of Rights (1990), Goodness and Advice (2001) et Normativity (2008).

Une lecture de choix, non traduite

En dépit de sa place prépondérante dans les milieux anglophones, cette figure de la philosophie contemporaine n’a jusqu’ici pas été traduite en français et n’est discutée que sur les bancs de l’université. Sa plume, d’une rare et vive clarté, ainsi que les thèmes qu’elle aborde en feraient pourtant une lecture de choix au collège – ainsi que pour toutes celles et ceux souhaitant découvrir une philosophie morale allant au-delà des débats d’opinion. La différence entre le moraliste et l’éthicien, explique Thomson dans Goodness and Advice, relève du fait que le premier sera ravi de vous expliquer quels sont vos devoirs, alors que le deuxième vous expliquera également le pourquoi de ces devoirs.