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Ce que j’ai appris des plus riches

En tant qu’ancien rédacteur en chef de «Bilan», j’ai longtemps supervisé la liste des 300 plus riches du magazine. Un exercice riche d’enseignements

Je me suis beaucoup occupé de richesse par le passé. Je ne suis pas banquier ou notaire mais, comme ancien rédacteur en chef de Bilan, j’ai longtemps supervisé l’édition des 300 plus riches. C’est le numéro le plus conséquent de l’année: celui qui réussit à faire le plus de ventes, engrange le plus de publicité et nous valait, en tout cas à l’époque, le plus de batailles juridiques. Le paradoxe de cette liste tient au fait que personne ne souhaite y entrer mais que personne ne veut en sortir non plus. A moins d’accepter tacitement d’avoir vécu un revers de fortune.

J’ai retenu trois choses de cette expérience. Tout d’abord, et c’est banal, la richesse ne fait vraiment pas le bonheur, surtout si vous avez un voisin plus riche que vous. La notion de fortune dépend toujours d’un point de comparaison. Quand vous discutez avec un riche, la question n’est plus de savoir si philosophiquement son aisance a changé sa vie (une question de pauvre) mais comment il se situe par rapport à ses pairs. La compétition qui a eu lieu ce printemps entre Bernard Arnault et François Pinault pour la restauration de Notre-Dame l’a bien montré. Il n’y a pas de générosité mais que des preuves de générosité. Surtout si ces dernières sont supérieures à celle d’un rival!