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Pas au travail. Mais dans un cadre festif?
© Andrey N. Cherkasov/123RF

Charivari

J’ai arrêté de boire… ou presque

OPINION. Printemps oblige, notre chroniqueuse se nettoie le foie. Ou pas. Alcoolisme mondain et réactance figurent à son menu

Lundi, il y a deux semaines, j’ai arrêté de boire. De l’alcool, donc. De retour de vacances pascales, je me suis dit qu’un petit nettoyage du foie serait idéal. Je l’ai déjà écrit maintes fois (foie…): je base ma vie sur le plaisir, le mien, celui des autres, et déteste tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à une privation. M’est avis que la frustration est contre-productive et ne fait qu’augmenter l’envie du produit banni.

Par exemple, mes armoires ont toujours regorgé de bonbons, biscuits et chocolat. Déjà, parce que je suis gourmande, mais aussi pour que mes trois enfants ne grandissent pas avec la convoitise de ce qui est proscrit. A priori, ça a marché: ce sont aujourd’hui des adultes minces, en bonne santé, qui ne rêvent pas de sucreries toute la sainte journée. Bien sûr, je ne prétends pas tirer une règle de cet unique constat. J’ai juste suivi mon basique instinct qui me souffle que se faire du mal fait rarement du bien…

Et le tour est joué

Alors, me direz-vous, pourquoi arrêter de boire? J’ai l’alcool récréatif et réjoui, je ne roule pas sous la table chaque nuit et travaille de bon matin avec un bel entrain. Oui, jeune fille, mais c’est oublier l’alcoolisme mondain. Le magazine Marie Claire explique que cet alcoolisme peut survenir lorsqu’on boit quotidiennement un verre ou deux, voire trois, et qu’on habitue le corps à ce rythme-là. Un apéro par-ci, un bon repas par-là. Un after, pourquoi pas? Le tour est joué. On est addict et on ne le sait même pas!

Un blanc, puis un rouge…

Eh bien, je ne le sais toujours pas. Car, deux jours après avoir pris ma résolution printanière – oui, deux jours –, j’ai retrouvé un cher ami, festif comme moi, et, après lui avoir doctement tenu le propos ci-dessus, j’ai commandé un blanc sec, puis un rouge corsé. Je suis comme ça, rebelle à mes propres règles, manquant cruellement de volonté…

Et on est beaucoup dans le même cas. On est même des tonnes à appliquer gaiement ce que Jack Brehm a baptisé «la théorie de la réactance». En 1966, le psychologue américain a observé que sitôt qu’un individu sent sa liberté menacée, il fait tout pour la restaurer. Surtout si cette privation lui paraît injustifiée. Et si le délai de privation est disproportionné par rapport aux attentes du sujet. De là à dire qu’au fond (du verre) je me suis interdit l’alcool uniquement pour avoir le plaisir de briser le carcan imposé, il n’y a qu’un pas. Que je franchis allègrement. Et sans tituber.


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