Je pense souvent à Voltaire. Pour une raison très terre à terre: je vis à Genève à équidistance du Domaine des Délices, où l’écrivain a vécu de 1755 à 1760, et de Ferney, juste de l’autre côté de la frontière, où le penseur s’est installé ensuite pour vingt ans. Quoi que je fasse, je circule donc dans une géographie voltairienne, même si le paysage a évidemment beaucoup changé. Quand j’attends le bus, je sais que je me trouve sur un axe qu’il a emprunté. Quand je descends en ville, j’essaye de faire abstraction des immeubles pour retrouver la vue sur le Mont-Blanc qu’il devait avoir depuis son jardin genevois.