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Depuis plus d’un demi-siècle, si en juillet on cherche le jazz, c’est à Montreux qu’il faut aller fureter pour le trouver.
© VALENTIN FLAURAUD / Keystone

(in)culture

Le jazz, musique ubiquitaire

CHRONIQUE. Le 52e Montreux Jazz Festival aura magnifiquement prouvé que les notes bleues sont partout

Depuis plus d’un demi-siècle, si en juillet on cherche le jazz, c’est à Montreux qu’il faut aller fureter pour le trouver. A l’entrée «Montreux Jazz» de son Dictionnaire amoureux du jazz, (Ed. Plon), Patrice Blanc-Francard commence par raconter la légende, ce Smoke on the Water qui vit le Jazz Festival et «Funky Claude» entrer dans l’histoire de la musique, avant de saluer la vista du père de la manifestation, qui l’a rapidement ouverte à d’autres genres. Et le journaliste français d’évoquer le concert mythique de l’immense Miles Davis, en 1991, peu avant sa mort.

Ce Dictionnaire amoureux se contente pour l’essentiel de proposer des mini-bios de musiciens fameux, de «Adderley, Cannonball» à «Zawinul, Joe». Il fourmille d’anecdotes, se lit délicieusement, mais omet l’essentiel. A savoir que le jazz est partout, ce qu’il n’est pas inutile de rappeler à ceux qui, chaque été, reprochent hâtivement au festival de délaisser les notes bleues. Le nouveau Montreux Jazz Club a été inauguré il y a deux semaines par John Cale, flanqué pour l’occasion du Sinfonietta de Lausanne. Le concert fut expérimental, déroutant, magnifique. Dans la façon qu’a l’ex-Velvet Underground de déstructurer les harmonies, de constamment explorer de nouvelles pistes mélodiques, il y a quelque chose qui rappelle indéniablement le jazz. Idem lorsque Jack White, guitariste virtuose mais auteur d’un concert dénué d’émotion, fraie avec le rock, le blues et la country.

Du be-bop au hip-hop

Le 52e MJF, qui s’achève ce samedi avec Jamiroquai, groupe londonien associé à ses débuts à la scène acid jazz, a accueilli plusieurs rappeurs, tant Américains que Belges ou Français. Au moment où la scène hip-hop connaît d’Atlanta à Bruxelles et Genève un renouveau sans précédent, il n’est pas inutile de rappeler que cette musique urbaine, issue des sound systems organisés à la fin des années 1970 dans la banlieue new-yorkaise, découle directement du jazz.

C’est ce que raconte la Bernoise Sophie Huber dans son fabuleux documentaire Blue Note Records: Beyond the Notes. On y rencontre notamment Robert Glasper et Terrace Martin, du groupe R+R=Now, vu à Montreux, deux musiciens prouvant que les cultures jazz et hip-hop sont historiquement proches. En les filmant en train d’improviser avec Wayne Shorter et Herbie Hancock, membres historiques du deuxième quintette de Miles, la cinéaste approche au plus près l’essence du jazz, cette musique libre et protéiforme. Une musique ubiquitaire que Montreux a une nouvelle fois magnifiquement célébrée, bien au-delà des murs de son Jazz Club.


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