Selon diverses études, environ un adolescent sur six aux Etats-Unis et un adolescent sur quatre au Royaume-Uni ont commis des actes de piratage sur Internet. Et en Australie, entre 2012 et 2015, les infractions commises par des jeunes âgés de moins de 18 ans ont augmenté de 84%. Le phénomène est bel bien global, et la cybercriminalité coûterait 445 milliards de dollars par an à l’économie mondiale, selon le spécialiste en sécurité McAfee.

Quelles sont les infractions?

Parmi les infractions, il y a le blanchiment d’argent, l’utilisation de logiciels malveillants capables d’enregistrer les frappes au clavier à distance, le vol de mots de passe ou le cryptage de fichiers d’un ordinateur contre rançon. Mais ces jeunes sont souvent ignorants des conséquences de leurs actes, comme la possibilité de se faire extrader aux Etats-Unis pour être jugés, par exemple, s’ils ont porté atteinte à une entité américaine.

A la place de peines de prison pour les cybercriminels, un chef de police britannique préconise plutôt, dans le Guardian, des brouilleurs Wi-Fi, portés à la cheville pour bloquer tout accès à Internet: «Nous devons cesser d’appliquer des châtiments du XIXe siècle pour des crimes commis aujourd’hui», dit-il. Une idée intéressante si les brouilleurs d’ondes n’étaient pas interdits et facilement contournables en utilisant un câble.

Le comportement illégal normalisé

La professeure Mary Aiken, cyberpsychologue à l’University College à Dublin, a publié une étude en octobre dernier, Youth Pathways into Cybercrime, pour tenter de comprendre ce qui conduit certains jeunes à la cybercriminalité et développer des stratégies de prévention et d’intervention. Elle constate que les cyberdélinquants se retrouvent dans un environnement virtuel où le comportement illégal est normalisé, et même encouragé. Les jeunes fonctionnent au sein de réseaux qui sont hiérarchiques, où l’enjeu principal n’est pas le gain financier, mais de gravir les échelons pour arriver au sommet. Ce, grâce à leurs compétences informatiques.

On s’inquiète beaucoup de la radicalisation des jeunes sur Internet, à juste titre. Mais il serait essentiel de s’occuper du problème des hackers adolescents en prévoyant un encadrement valorisant leur talent, les incitant à dénoncer les brèches de sécurité plutôt que de les exploiter.