Médias

Les jeunes soutiennent-ils vraiment «No Billag»?

Les articles du «Temps» sur la redevance radio-télévision suscitent systématiquement un flot de réactions. Sur Facebook, le débat autour du rôle de la jeune génération rebondit depuis mercredi

Les jeunes pourraient bien représenter l’inconnue majeure de la votation sur l’initiative «No Billag». En cause: l’évolution des modes de consommation de l’information, l’attachement à la gratuité ou encore le principe du consommateur-payeur qui ont fragilisé leur attachement à la télévision. Le 4 mars prochain, ce désamour pourrait peser dans leur décision. Cette hypothèse, Le Temps l’a maintes fois suggérée. Sur Facebook, elle suscite nombre de réactions: plus de 200 commentaires sur la seule chronique publiée mercredi, intitulée «Ces jeunes qui vont voter oui à No Billag».

Pour de nombreux jeunes, «payer 450 francs par an pour une télévision qu’ils ne regardent pratiquement plus, pour une radio qu’ils n’écoutent pas, c’est trop cher», estimait notre chroniqueuse. Un «avis lucide», une «réalité», lit-on ici ou là sur Twitter.

Sur Facebook, un internaute nuance toutefois: «Un jeune homme de 15 ans m’a dit qu’il regardait un tas de choses sur son smartphone. Et il était bien conscient que si plus personne ne produit ces reportages visibles sur l’iPhone, eh ben l’écran de son téléphone resterait noir… Ne croyez pas que les «jeunes» sont contre Billag, ce n’est pas si vrai. Il arrive qu’ils réfléchissent aussi.» Certes à 15 ans, l’intéressé ne votera pas, mais il «a compris les enjeux», précise le commentateur.

Directement concernés par la votation à venir, certains collaborateurs de la SSR participent au débat. «Je suis trentenaire, je suis abonné à Spotify, à Netflix, mais je suis fier du travail qu’accomplit mon employeur, la RTS. On peut toujours faire mieux, et plus, pour les jeunes – comme on peut toujours faire mieux pour les moins jeunes. Mais faut-il pour autant tout réduire en cendres? Netflix et Spotify proposent une offre pléthorique, j’en profite à fond, mais ce ne sont pas eux qui font vivre la Suisse, sa population (y compris les jeunes), sa culture et ses artistes.»

Impossible de généraliser

Les jeunes, seuls à ne pas soutenir l’audiovisuel public? Certains lecteurs n’y croient pas. «Il n’y a pas qu’eux qui ne regardent plus la télévision, le monde change, sauf la politique et les taxes», lance un internaute. «C’est vrai qu’à choisir entre la télé ou le laptop… c’est plus intelligent de prendre le laptop! Pas si bêtes, les jeunes, finalement!» renchérit un autre. Pas de quoi généraliser pour autant: «J’en connais beaucoup – jeunes et moins jeunes – qui sont tout heureux de regarder la Champions League sur la RTS…» rétorque un usager.

Lire aussi: «No Billag» ouvre la fracture générationnelle

Alors que le débat se focalise sur les habitudes de consommation, un défenseur de la redevance avance: «On peut être contre «No Billag» et comprendre pourquoi la jeune génération juge que Billag, c’est trop cher. Car oui, c’est un fait, la TV et la radio sont mourantes et oui, le futur est sur le Web. Mais, pour ça, il faut s’y intéresser… Il est indéniable que la jeune génération trouve refuge davantage sur le Web que devant la TV. Il suffit de lire les études et ouvrir les yeux autour de soi. C’est un fait de société, une fracture (numérique?). Signe de changements profonds d’une société en mutation.»

«L’épicerie de détail plus chère que le grossiste»

Alors que les détracteurs de la redevance insistent sur son coût élevé, un usager reste convaincu: «Ne nous leurrons pas: s’il faut payer séparément toutes les prestations souhaitées, ce sera encore bien plus cher (et plein de pubs). L’épicerie de détail sera bien plus chère que le grossiste.» Au final, «ce qui risque peut être de sauver le non à «No Billag» c’est que les jeunes ne votent pas…» souligne un usager, en référence au faible taux de participation des 18-35 ans.

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