Revue de presse

Des Jeux olympiques au Pays du Matin calme et des vents sournois

De terribles bourrasques et un froid sibérien se sont invités sur les pistes en ce début de JO sud-coréens. Reports et conditions de compétition dantesques viennent gâcher le spectacle

Rebelote. Des rafales de vent à 100 km/h au portillon de départ ont obligé ce lundi les organisateurs à reporter le slalom géant dames des Jeux olympiques 2018 de Pyeongchang et à le reprogrammer jeudi, le même jour que la descente messieurs qui avait été elle-même reportée dimanche. Déjà à cause du vent. Et cette fois-ci, selon le correspondant de la RTS sur les ondes de la 1re, il faut y ajouter un froid à ne même pas oser mettre un canard sibérien dehors, avec un ressenti de –30 à –35°C! Le combiné messieurs de mardi est également en sursis. La paralysie générale guette pour trois jours, craignent les plus pessimistes.

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Une première? De loin pas. Le Figaro et L’Equipe relèvent que «les caprices de la météo […] ont souvent joué des tours au programme olympique. En 1968, à Chamrousse, la descente olympique, premier volet du triptyque de Jean-Claude Killy, avait été reportée d’un jour en raison d’une tempête, avant d’être décalée le lendemain.» Plus drôle: il y a vingt ans, en 1998, les multiples reports des Jeux de Nagano avaient même fait l’objet de sketchs des Guignols de l’info, alors en pleine heure de gloire mais dont il ne reste aujourd’hui hélas que des parodies de la parodie, mais tout de même une irrésistible vidéo Dailymotion visible sur le site du Monde.

Le Monde, justement, dit que pour ces Jeux 2018, «le vent rend fou athlètes et organisateurs […]. Certes, on est encore loin du scénario de Nagano. Mais la station japonaise est dans l’esprit de tous, comme en témoigne […] Mark Adams, porte-parole du Comité international olympique (CIO): «Il est un peu tôt pour parler d’une prolongation des Jeux! Nous ne sommes qu’au troisième jour. A Nagano, la descente s’est terminée cinq minutes avant la cérémonie de clôture.» Reste que les conditions actuelles «mettent en perspective les déclarations de nombre d’athlètes en amont des JO, qui arguaient de leur capacité à s’adapter à toutes les conditions puisque pratiquant des sports d’hiver. C’était méconnaître les conditions atmosphériques particulières des montagnes de Taebaek.»

Le sang glacé, le squelette secoué

Le Matin a fait le tour de cette question que nous, «à l’autre bout du globe», posons «à ceux qui se trouvent sur les sites olympiques»: «Alors ce froid?» Il faut dire que les images de Simon Ammann, congelé sur son sautoir samedi soir et emballé dans une maigre couverture, ont fait le tour de la planète.» Mais tout cela s’explique. «L’air polaire qui frappe le coin le plus froid de Corée du Sud depuis des siècles prend sa source en Sibérie. Il traverse ensuite les plaines de la Mandchourie avant de balayer avec ferveur les monts Taebaek»: c’est «comme si la Russie avait décidé coûte que coûte de s’inviter à la fête dont elle est officiellement bannie pour cause de dopage organisé», ironise encore Le Monde. «A tel point que même les athlètes habitués au froid comme les Canadiens sont surpris par ce courant […] qui glace le sang et qui secoue le squelette», métaphorise le quotidien orange.

Oui, pour Europe 1, «le vent s’impose comme la grande star du début des Jeux, causant quelques «sueurs froides». Le mot est faible. «Le concours de slopestyle en snowboard féminin» par exemple, «a tourné au jeu de massacre au parc Phoenix. Prises dans les rafales, nombre de compétitrices ont fini leur run sur les fesses, sur le ventre ou sur le dos. Rarement, en tout cas, sur leur planche. Un spectacle gâché qui risque de déclencher la polémique sur la tenue même de l’épreuve.» Comme le dit joliment Le Figaro, «Pedro Almodovar ne pourrait pas encore tourner «Skieurs au bord de la crise de nerfs», mais les reports ne plaisent ni aux athlètes, ni aux spectateurs frustrés qui avaient des billets et ne pourront pas forcément être présents lors de la date du report.»

Les prévisions météo sont pourtant optimistes. Dès jeudi, le vent ne devrait plus dépasser les 30 km/h – une boutade – et les températures repasser au-dessus de 0°C au cours de la journée. Ça va chauffer!

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