Le renoncement de Jocelyne Haller constitue un petit scandale politique, comme avait été scandaleux le renoncement, en 2007, de Marianne Huguenin au profit d’un Josef Zisyadis pourtant sanctionné dans les urnes.

Du côté de Genève, Jocelyne Haller a donc «décidé» – qu’on nous permette ces guillemets quelque peu taquins – de ne pas siéger au Conseil national. Si la femme Jocelyne Haller avait cédé sa place à un homme, l’imagination manque pour envisager ce qu’auraient été les réactions. On aurait mangé de la phallocratie et du patriarcat pendant des jours, les rédactions auraient été inondées de courriers, sans doute aurait-on vu, en une émouvante «vague rose», des femmes d’autres partis se «solidariser», c’est le cas de le dire, contre pareille démonstration de machisme, l’affaire se terminant probablement par une plainte en sexisme – comment ça, ce n’est pas possible? – devant la mal nommée Cour européenne des droits de l’homme.