Lors de son premier discours de politique étrangère prononcé en tant que président des Etats-Unis, Joe Biden a affiché une détermination sans faille à vouloir contrer la Chine. Les Etats-Unis doivent «être au rendez-vous face à l’avancée de l’autoritarisme, en particulier les ambitions croissantes de la Chine», a-t-il martelé. Si le président Biden n’a présenté aucun détail concret quant à la stratégie qu’il souhaitait mettre en œuvre, l’actualité de ce week-end lui offre une opportunité de passer directement de la parole aux actes.

La crise du Guyana

La crise diplomatique qui s’est ouverte entre Taïwan et le Guyana place les Etats-Unis face à leurs responsabilités. La décision soudaine et unilatérale de la République coopérative du Guyana de mettre fin à l’accord signé le mois dernier permettant l’ouverture d’un bureau taïwanais dans ce petit Etat d’Amérique du Sud de 780 000 habitants a suscité la colère et l’incompréhension de Taipei. Annoncé officiellement par le Ministère taïwanais des affaires étrangères le 4 février, cet accord avait été salué aussi bien par le Département d’Etat que par l’ambassade américaine à Georgetown, qui y voyait là la possibilité de «faire progresser la sécurité, les valeurs démocratiques et la prospérité dans la région». Pour Taïwan, cet accord représentait une victoire importante dans sa quête de reconnaissance internationale. Seuls 15 pays reconnaissent officiellement Taïwan, qui est encore et toujours considérée par Pékin comme une province chinoise, appelée à rentrer dans le giron de la Chine populaire, si nécessaire par la force. Le rétropédalage des autorités du Guyana marque également une défaite personnelle pour la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen. Si 2020 fut une année faste pour Tsai avec une réélection triomphante, l’absence de toute défection diplomatique (une première depuis son arrivée au pouvoir en 2016) et les louanges de la presse internationale pour sa gestion exemplaire dans la crise du coronavirus, 2021 s’annonce, en revanche, plus difficile avec le centenaire de la création du Parti communiste chinois et la volonté de Pékin de profiter de la distribution massive de ses vaccins, Sinovac, Sinopharm et CanSino, pour accroître son influence à l’étranger.