Tandis que la course à l’investiture des partis a officiellement démarré lundi avec des caucus démocrates chaotiques en Iowa, les démocrates veulent désespérément choisir un candidat qui puisse battre Donald Trump à la présidentielle de novembre. Mais le candidat souvent présenté comme leur chef de file semble bien fragile. Face à Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Pete Buttigieg, Joseph Biden est le candidat de l’establishment démocrate par excellence. Sénateur influent de 1973 à 2009, il fut vice-président de Barack Obama. Sa campagne est bien financée. Il jouit d’un soutien apparemment inébranlable de la communauté noire, l’un des piliers de l’électorat démocrate. Les sondages nationaux le placent en tête par rapport à ses rivaux démocrates et au président Trump.

Mais l’ex-sénateur du Delaware est un chef de file bien fragile. Y compris sur le plan physique: alors que toute campagne présidentielle américaine est une épreuve d’athlète, Biden, à 77 ans, s’est montré lent et fatigué pendant les débats télévisés avec les autres démocrates. Son rythme de campagne est moins chargé que celui de ses rivaux – même Sanders qui, pourtant, est plus âgé et a récemment été victime d’un infarctus. Cette campagne présidentielle est la troisième de Biden, après deux belles ratées. En 1988, il fut accusé d’avoir plagié le travailliste anglais Neil Kinnock dans un discours. Accusé aussi de mentir sur ses diplômes universitaires, il tint à peine quatre mois. En 2008, alors qu’il était candidat à l’investiture démocrate face à Hillary Clinton et à Barack Obama, sa campagne souffrit d’un manque de fonds. Surtout, Biden, habitué des gaffes, en commit une très lourde à propos d’Obama: «Voilà le premier Noir américain dans la norme et grand public qui parle bien, qui est brillant et propre et, en plus de ça, beau gosse», lança-t-il en effet. Il dut jeter l’éponge après une gifle électorale essuyée dès la première primaire, en Iowa.