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Auditorium Stravinski, 5 juillet 2018.
© 2018 FFJM / Lionel Flusin

(in)culture

Johnny Depp: sous le déguisement du rockeur, un acteur qui se cherche

L’Américain était au Montreux Jazz avec les Hollywood Vampires, le groupe qu’il a fondé avec Alice Cooper et Joe Perry

En début de concert résonne la voix de Bela Lugosi. Reviennent instantanément en tête des images d’Ed Wood, le chef-d’œuvre de Tim Burton dans lequel Martin Landau prêtait ses traits à l’acteur d’origine hongroise, le plus fameux des vampires hollywoodiens. Face à lui, Johnny Depp interprétait avec génie le réalisateur de série Z. L’envie de revoir une énième fois ce film adoré me saisit, et voici que Johnny Depp s’avance. A côté de lui, l’inoxydable croque-mitaine Alice Cooper, le guitariste Joe Perry, échappé d’Aerosmith, et quatre autres musiciens efficaces, anonymes à côté du trio star.

Jeudi soir, après un concert boursouflé de Billy Idol que j’ai rapidement fui, j’étais pour le moins circonspect à l’idée de voir sur la scène du Montreux Jazz les Hollywood Vampires, ce groupe qui s’est donné pour mission de célébrer les rockeurs morts, de Keith Moon à Jim Morrison en passant par Bon Scott, Lemmy Kilmister et Randy California. Le son est gros, lourd. Le Break on Through des Doors craché par Cooper est plutôt convaincant, moins que le Ace of Spades de Motörhead offert par le bassiste Chris Wyse qui, merci Wikipédia, a joué avec Owl et The Cult.

Carrière erratique

On est entre le cirque et le carnaval, une partie du public est là par curiosité, une autre afin d’apercevoir Johnny Depp. Soustrayez l’acteur des Hollywood Vampires et vous diviserez d’un tiers le nombre de billets vendus, cela ne fait aucun doute. Mais voir «en vrai» la star de 21 Jump Street, ce feuilleton policier pour ados qui l’a révélé à la fin des années 1980, a ceci d’intéressant que cela permet de mesurer à quel point sa carrière est devenue erratique.

En 1994, Johnny Depp était donc Ed Wood. Pour le même Tim Burton, qui en a fait son alter ego et l’a dirigé huit fois, projetant sur lui ses traumatismes et ses peurs enfouies, il avait auparavant été Edward aux mains d’argent. Jusqu’à ce qu’il devienne Jack Sparrow, le rôle qui fera de lui une superstar, l’Américain forçait le respect par ses choix de carrière, tournant avec Waters, Kusturica, Jarmusch ou Gilliam. Depuis, en marge des Pirates des Caraïbes, il a enchaîné des flops commerciaux et artistiques, a perdu de sa perspicacité.

Lire aussi: Johnny Depp, dépassé?

Le voici donc en train d’assouvir un nouveau fantasme de rockeur, lui, le pote de Keith Richards. A Montreux, il semble plus déguisé qu’habité, tout en breloques, avec sous son bandana une perruque pour un look cheveux longs alors qu’il les porte actuellement courts. Si j’ai aimé la manière dont ces Vampires célèbrent leurs «dead drunk friends», ce Depp-là a quand même quelque chose de pathétique, comme un ado qui se cherche sans arriver à se cerner.


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