Ce 20 janvier 2017, le monde fait un grand saut dans l’inconnu. Attendue ou crainte, l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump suscite un sentiment général, à Washington comme dans toutes les capitales, d’assister à un grand basculement. Comme si tout pouvait changer du jour au lendemain, pour chacun d’entre nous, avec l’avènement d’un président des Etats-Unis jugé imprévisible, erratique et surtout maladivement narcissique.

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La force de ce sentiment rappelle tout d’abord à quel point les Etats-Unis restent – n’en déplaise aux tenants du déclin américain – l’unique grande puissance dont le destin influence l’ensemble de l’humanité. Elle souligne par ailleurs un premier succès de Donald Trump: son apparente irrationalité lui a permis de faire bouger les fronts avant même d’avoir pris la moindre décision. Le bluff, c’est la marque du businessman. Cela peut aussi être un atout en politique.

Un risque pour la paix intérieure?

La présidence Trump, produit d’une Amérique fracturée et d’une élection contestée, s’installe au bord de l’abîme. Une moitié du pays trépigne, l’autre déprime. Alors que Barack Obama, à ses débuts, fut célébré abusivement comme le premier «président du monde», Donald Trump apparaît comme le président d’une petite moitié de l’Amérique. C’est ainsi que l’un des présidents sortants les plus populaires de l’histoire du pays va céder sa place à l’un des présidents entrant les plus impopulaires.

Dès aujourd’hui, Donald Trump va devoir abandonner le registre de la pure communication – les tweets – pour endosser les habits présidentiels et la responsabilité des codes nucléaires. Les premiers cent jours de sa présidence promettent d’être très animés avec le détricotage annoncé de l’héritage d’Obama et un réajustement géopolitique. Feront-ils courir un risque pour la paix intérieure et l’ordre international? C’est l’une des interrogations majeures de l’ère qui s’ouvre.

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Juger sur les actes

Il faudra désormais juger Donald Trump sur ses actes. Une seule chose est certaine: comme son prédécesseur, il fera en sorte de maintenir la prédominance de son pays dans le monde. On verra rapidement toutefois combien la réalisation de cet objectif peut changer du tout au tout d’une administration à une autre, d’un président à un autre. Au président cérébral, rigoureux, ouvert sur le monde, réaliste, élégant, succède un chef impulsif, brouillon, vulgaire et dont l’univers est pétri de frontières.

Cette alternance, aussi radicale soit-elle, atteste de la vitalité du système politique américain, quoi qu’on en dise. Pour les tenants de la démocratie, les Etats-Unis ont pu jouer un rôle particulier, celui de dernier rempart contre la dictature. Avec Donald Trump, on retient son souffle.

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