En créant le Prix de la paix portant son nom, Alfred Nobel prit la peine de préciser que cette distinction était réservée à une «personne ayant fait tout son possible pour faire progresser l’amitié entre les nations, pour abolir ou réduire les armées existantes et organiser ou promouvoir les conférences de la paix». Cette année, le Comité issu du parlement norvégien qui gère l’héritage du fondateur a distingué deux journalistes, hérauts de la liberté d’expression dans leurs pays respectifs. Je ne connais de Maria Ressa, la Philippine, que ce que j’en ai lu. Mais je suis lié à Dmitri Mouratov, le Russe, par de longues années d’amitié. Et je peux dire que les jurés d’Oslo, en désignant un journaliste de cette trempe, n’ont ni failli ni dévoyé la volonté du vieux Nobel.