Un mot résume l’attitude de nombreux observateurs hexagonaux – et d’une grande partie de l’opinion – sur l’avenir des djihadistes détenteurs d’un passeport français, aujourd’hui toujours en lutte dans les confins désertiques irako-syriens, ou détenus dans les camps kurdes ou les prisons irakiennes: le déni.

Difficile d’échapper, en ce quatrième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, aux affirmations à l’emporte-pièce sur la nécessité d’empêcher à tout prix leur retour sur le sol de la République, voire sur l’évocation de solutions expéditives pour «en finir» avec ces citoyens de confession musulmane ayant choisi de retourner leurs armes contre la France. L’essentiel, pour les tenants de cette thèse, est de ne plus jamais entendre parler des quelque 200 ex-djihadistes détenus dans les camps sous contrôle kurde, dont une soixantaine gardés hier par les Kurdes syriens et désormais aux mains des milices pro-turques. C’est de ces derniers camps que proviennent les onze Français que le président turc, Recep Erdogan, a promis, mardi, de renvoyer vers Paris…