éditorial

Jusqu’au bout du déni

ÉDITORIAL. Le premier sondage commandé depuis le début de l’affaire Maudet indique que la majorité des Genevois désirent voir partir le conseiller d’Etat PLR

Pierre Maudet a remporté, dimanche dernier, une nouvelle victoire dans les urnes. Malgré l’opposition farouche de la gauche, le conseiller d’Etat PLR a convaincu la majorité des Genevois que sa loi sur la laïcité de l’Etat était nécessaire et équitable.

Sera-ce la dernière victoire de ce surdoué de la politique? Le sondage que Le Temps a commandé à l’institut M.I.S Trend avec la RTS et Radio Lac montre clairement que les Genevois ne soutiennent plus Pierre Maudet.

Lire aussi: Pierre Maudet perd le soutien des Genevois

Depuis la mise en prévention du magistrat, le 30 août 2018, de multiples révélations ont transformé l’image du conseiller d’Etat. La carrière sans pli du jeune politicien l’avait mené au sommet du canton d’où il jouissait d’un immense crédit auprès des Genevois. Nous avons voulu savoir quel était l’état de l’opinion publique sur cette affaire hors norme, véritable trou noir de la politique genevoise depuis l’automne dernier. Cette photographie est parlante, même s’il faut se garder d’en tirer des conclusions définitives.

Cette fois, ce ne sont pas les députés du Grand Conseil qui s’expriment, ni les membres du PLR. Mais bien ce peuple genevois qui est au cœur de l’argumentaire de défense de Pierre Maudet. Lorsqu’il a voté, au printemps 2018, le corps électoral ne savait rien ou presque de cette affaire. Pour certains, le désamour est désormais à la hauteur des espoirs que le quadragénaire avait fait naître. C’est particulièrement vrai chez ses propres électeurs dont beaucoup lui tournent le dos. Les mensonges ont été trop nombreux.

Pierre Maudet a choisi d’ignorer ces signes de rejet. Dans la réponse qu’il nous a fournie à propos de ce sondage, il reprend un discours qui lui avait permis de conserver, de justesse, la confiance de son parti. Ses déboires seraient le fait des médias qui s’acharnent injustement sur sa personne et d’opposants sans morale. Le déni est profond.

Publicité