A l’heure où j’écris ces lignes, on ne sait pas qui sera le prochain président des Etats-Unis. Une chose est pourtant certaine: le déclin de l’empire américain est consommé. Les Etats-Unis auront été la première puissance mondiale pendant environ un siècle. Ils ont supplanté le Royaume-Uni et son immense empire colonial de la seconde révolution industrielle et le travail à la chaîne qui débute pendant les années 1870.

Les innovations technologiques (l’électricité, le pétrole) ont permis d’abaisser drastiquement les coûts de production des biens de consommation courante. Les Etats-Unis jouent un rôle pionnier. Au tournant du siècle, les grandes firmes américaines seront les premières à mettre en œuvre les travaux de Taylor sur l’organisation scientifique du travail que Ford va reprendre à son compte en leur ajoutant un élément déterminant: des salaires élevés pour fidéliser la main-d’œuvre et favoriser la consommation de masse. Les entreprises américaines seront aussi les premières à remplacer la «main invisible» du marché, concept clé du libéralisme anglais, par la main très visible des managers: les monopoles, oligopoles et autres trusts se multiplient.