En 2005, je travaillais sur ma thèse doctorale en biochimie et biologie moléculaire à l’Université de Pennsylvanie (UPenn, Etats-Unis). J’étais loin d’imaginer que, cette même année, la découverte révolutionnaire en matière de technologie de l’ARN messager (ARNm) entreprise par une collègue de UPenn conduirait, 16 ans plus tard, au premier vaccin à ARNm qui permettrait d’enrayer la pire pandémie depuis plus d’un siècle.

Quelques années avant la chute du rideau de fer, Katalin Karikó quittait la Hongrie en 1985 avec son mari et mille dollars cachés dans l’ours en peluche de sa fille pour se rendre à Philadelphie sur invitation de la Temple University, puis commencer une carrière de professeur à UPenn. Malheureusement, le rejet de ses demandes de subventions de recherche sur le potentiel thérapeutique de l’ARNm lui coûta son titre professoral en 1995. En effet, la recherche sur l’ARNm était encore aux prémices et intéressait peu de monde.