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KIRKUK, IRAQ - OCTOBER 16: Iraqi forces patrol in the streets after they retake the control of the city center from Peshmerga forces in Kirkuk, Iraq on October 16, 2017. Iraqi forces on Monday seized full control of the city center as well as Kirkuk…

Editorial

Les Kurdes d’Irak peuvent attendre

La prise de Kirkouk par l’armée irakienne signe, encore une fois, la fin du rêve pour les Kurdes d’Irak

C’en est fait. Il n’a fallu que quelques heures pour que l’armée irakienne, solidement soutenue par des milices iraniennes, terrasse une nouvelle fois le rêve kurde de progresser vers un Etat indépendant.
La perte de la ville de Kirkouk, et de ses champs pétroliers, c’est bien davantage qu’un coup de semonce donné aux Kurdes par les autorités de Bagdad. L’Irak, l’Iran, mais aussi la Turquie associée pour l’occasion à ses grands voisins rivaux, mais encore les Etats-Unis qui ont donné un blanc-seing à l’Irak, mais encore la France d’Emmanuel Macron qui n’a pas bougé le petit doigt…

Lire aussi: A Kirkouk, Bagdad écrase le rêve kurde

C’est un camouflet général adressé aux Kurdes d’Irak et aussi, derrière eux, à leurs semblables de Syrie ou de Turquie: dans le paysage de l’après-Etat islamique qui se dessine, le tour des Kurdes n’est pas encore venu. Ce sera aux grandes puissances régionales de se répartir le magot.

En organisant un référendum sur l’indépendance, il y a trois semaines, les autorités kurdes irakiennes savaient ce qu’elles risquaient. Ou, du moins, elles auraient dû le savoir. Aujourd’hui, elles ont perdu en un clin d’œil le territoire que leurs combattants avaient acquis de haute lutte face à l’organisation Etat islamique. Si ce référendum était le fruit d’un calcul, ce calcul était erroné. Si, au contraire, il s’agissait d’un pari, ce pari est perdu, dans la déroute la plus totale.

Au-delà du cynisme des puissants, le président kurde irakien, Massoud Barzani, doit d’abord s’en prendre à lui-même: la perspective d’un Etat kurde, irrésistible pour une écrasante majorité de son peuple, lui servait avant tout à faire taire ses opposants, à camoufler ses penchants autoritaires et à faire oublier la débâcle économique dans laquelle s’est enfoncée sa région malgré ses ressources. Bref, à le hisser au rang de père incontestable de la nation kurde. Dans le bal des cyniques, Massoud Barzani n’a de leçons à recevoir de personne.

Ce pari manqué est lourd de conséquences. Pour le Kurdistan irakien, d’abord, où vont fuser les accusations de «collaboration» avec Bagdad, et où les représailles, si ce n’est la guerre civile, menacent. Mais cet épisode dit aussi le fatras dans lequel est plongée la région, tandis que l’Etat islamique est en reflux. C’est avec des armes américaines que Kurdes et Irakiens se sont fait face à Kirkouk. Et c’est l’Iran qui sort vainqueur de ces événements, dont Washington se lave les mains. A l’heure où l’administration américaine n’en finit plus de désigner l’Iran comme son principal souffre-douleur, les Kurdes attendront, et le monde attend de voir.

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© Gabioud Simon (gam)