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L’achat des Gripen profitera aussi à notre économie

Flavien Valloggia, avocat et militant en faveur des nouveaux avions de combat, expose ses arguments en faveur du oui le 18 mai

L’achat des Gripen profitera aussi à notre économie

Lors des prochaines votations fédérales du 18 mai 2014, le peuple suisse sera appelé à se déterminer sur l’acceptation d’une loi fédérale qui crée un fonds, alimenté dans le cadre des dépenses ordinaires du budget militaire, servant à répartir de manière égale, sur une période de dix ans, les coûts de 3,126 milliards de francs nécessaires à l’acquisition de 22 nouveaux avions de combat, de type Gripen E, du constructeur suédois Saab. Ces 22 avions doivent remplacer les 54 F-5 Tiger mis en service en 1978, qui seront prochainement retirés. La version E que la Suisse souhaite acheter est une évolution d’un avion qui a déjà largement fait ses preuves, notamment auprès des forces aériennes de cinq pays, dont la Suède.

Le Gripen E a été choisi au terme d’une procédure rigoureuse de sélection de plusieurs années, menée par les meilleurs professionnels, entre trois mo­dèles d’avions qui ont tous été testés en Suisse. Outre les per­formances technologiques de pointe et l’adéquation de ce type d’appareil par rapport aux besoins des forces aériennes suisses, les coûts d’acquisition et d’exploitation, supportables par l’armée dans le cadre de son budget ordinaire, ont naturellement joué un rôle décisif dans le choix final.

Pilier indispensable à la sécurité globale de la Suisse et garantes de sa souveraineté aérienne, les forces aériennes ont pour ­mission de surveiller son espace aérien et de le protéger en cas de crise ou de conflit. Outre cette mission principale, les forces ­aériennes sont aussi responsables d’assurer au quotidien le ­service de police de l’air. Après l’arrêt de l’utilisation des 54 F-5 Tiger, aujourd’hui totalement dépassés techniquement, la flotte de 32 F/A-18 ne suffira pas pour protéger l’espace aérien suisse, en particulier durant une période de crise durable. Aujourd’hui, personne ne saurait prédire l’avenir, encore moins un avenir exempt de crises ou de situations extraordinaires dans les prochaines années; partant, une armée de l’air moderne est une assurance sur le long terme.

C’est pourquoi l’acquisition de 22 Gripen E, avions modernes et polyvalents, est aujourd’hui indispensable afin de garantir les missions dévolues aux forces aériennes; c’est sans aucun doute un investissement pour un avenir plus sûr.

L’argument principal des comités référendaires se décline essentiellement autour du coût relatif à l’achat de nouveaux avions de combat, coût qui serait «trop élevé et inutile» et qui serait mieux investi pour «financer l’AVS, la formation ou la transition énergétique». Cet argument tombe à faux. Aucun impôt supplémentaire ou aucunes économies dans d’autres domaines de la politique fédérale ne seront nécessaires pour financer l’achat des 22 avions, dès lors que le financement sera assuré uniquement sur le budget ordinaire de la défense, à hauteur de 300 millions de francs par an durant dix ans. En outre, le prix arrêté comprend également les coûts des infrastructures, de l’armement et de la formation, ce qui permet de garantir une enveloppe globale, sans dépassements de coûts. Enfin, en cas de refus du fonds le 18 mai prochain, les montants qui étaient prévus pour l’acquisition du Gripen resteront de toute façon alloués au budget pour l’armement.

Ce coût – 0,5% des dépenses de la Confédération – est parfaitement supportable pour l’armée et constitue un investissement maîtrisé et parfaitement raisonnable pour la sécurité de la Suisse.

Les contrats conclus avec le groupe Saab prévoient, en cas d’achat de nouveaux avions, que les entreprises travaillant à la livraison du Gripen E passent des affaires compensatoires avec des entreprises suisses, et ce, à hauteur de 2,5 milliards de francs (ce qui correspond à dix ans de travail pour 1000 employés). Cette manne profitera à toutes les régions de Suisse, notamment à la Suisse romande, avec une part de 30%. A ce jour, 300 millions de francs de commandes ont déjà été attribués, sous réserve ­naturellement du résultat de la votation. Outre ces retombées directes pour l’économie, la participation d’entreprises suisses à la construction du Gripen E leur permettra d’acquérir un savoir-faire précieux pour développer leurs compétences et conquérir de nouveaux marchés.

Par le jeu des affaires compensatoires, l’essentiel de l’investissement initial pour l’acquisition du Gripen E retournera en Suisse et profitera, directement et indirectement, aux entreprises de tout le pays.

Avocat, responsable communication pour le comité «Ensemble pour la sécurité – Genève dit OUI au Gripen»

Comme personne ne peut prédire l’avenir, une armée de l’air moderne est une assurance sur le long terme

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