Après avoir exploré la physique du réchauffement climatique, puis les risques pour les humains et les écosystèmes, dans le 3e volet de son 6e rapport sur le climat le GIEC investigue cette fois les mesures de mitigation pour lutter contre le réchauffement climatique.

Retrouvez notre dossier consacré à l'urgence climatique selon le GIEC.

Le rapport sur l’atténuation du changement climatique publié ce lundi par les experts du Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est à la fois un message d’urgence et d’espoir. L’urgence d’abord: il reste trois ans – trois petites années – pour que s’amorce une réduction visible des émissions planétaires de CO2. Le pic devra être atteint au plus tard en 2025 et les émissions diminuées de moitié d’ici à 2030 pour que l’on soit sur la «bonne» trajectoire, celle qui évite que le réchauffement ne dépasse 1,5°C. C’est toujours l’objectif de l’Accord de Paris de 2015.

Plus chaude, la planète sera le théâtre d’événements extrêmes plus fréquents, comme le décrivait en février le rapport du deuxième volet, concentré, lui, sur les risques. Tempêtes, canicules, inondations, sécheresses… Ces derniers mois, on a pu ressentir les frémissements de cette planète qui a chaud avec des intempéries et des feux destructeurs et meurtriers en Australie, en Allemagne, en Chine, aux Etats-Unis, en Inde, en Belgique, au Niger ou encore en Afghanistan. Selon les centaines d’experts qui ont travaillé à ces rapports, les preuves sont sur la table. Il y aura trois fois plus de ces incidents d’ici à la fin du siècle, avec un réchauffement de 1,5°C. Cinq fois plus si on reste sur la tendance actuelle, qui tend vers le double, autour de 3°C. C’est la «mauvaise» trajectoire.

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Constat sévère

Le constat est sévère mais pas sans espoir. Car les experts du GIEC ne nous laissent pas les mains vides. Leur rapport dresse le tableau des solutions possibles pour suivre la «bonne» trajectoire: déploiement des énergies renouvelables, assainissement des bâtiments, transition vers une alimentation moins carnée, justice sociale et climatique, etc. C’est possible, mais est-ce probable? Oui, si les citoyennes et les citoyens participent plus activement à la transformation nécessaire de la société, dit Julia Steinberger, professeure à l’Uni de Lausanne et coautrice du rapport du GIEC.

Le virus du Covid-19 a stoppé net le début d’un momentum. Celui du mouvement d’une jeunesse dans la rue pour son avenir. Mais un autre événement permet indirectement de replacer la question climatique au cœur des réflexions: la guerre en Ukraine. L’embargo sur le gaz russe et l’effondrement de l’exportation du blé ukrainien mettent en lumière le manque de résilience de nos sociétés face à l’instabilité. C’est le moment de remettre sur le métier les discussions sur les actions climatiques, en incluant tout le monde, à l’échelle locale et globale.

Pas plus tard, pas dans cinq ans, maintenant.

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