«Tout est dans tout», disait Anaxagore, philosophe grec injustement oublié. La reprise unilatérale du principe du «cassis de Dijon» est dans la lutte contre la cherté des prix en Suisse, laquelle s'inscrit dans une opération de séduction des consommateurs, qui promet d'être un thème majeur de la campagne pour les élections fédérales d'octobre 2007.

La reprise du «cassis de Dijon» est également dans la politique européenne, puisqu'elle consiste à accepter sans contrepartie la reconnaissance de normes européennes pour une vaste gamme de produits, alimentaires avant tout. Pour autant que les importateurs et les distributeurs ne confisquent pas la marge - ce qui est dans l'ordre des choses -, les consommateurs devraient en retirer quelque bénéfice.

On constate que de larges pans de la politique intérieure sont, qu'on le veuille ou non, dans la politique européenne. En autarcie, il est notamment impossible de faire le bonheur des consommateurs et de stimuler la concurrence. Nous devons nous régler, d'une manière ou d'une autre, sur l'Europe.

Le «cassis de Dijon» constitue une option minimale, avec une reprise unilatérale. Sans contrepartie pour nos exportateurs. Comme avec le milliard, protesteront certains en criant au scandale. On pourrait bien sûr négocier une contrepartie. Encore faudrait-il que l'UE y trouve quelque intérêt, ce qui n'est pas évident, et ne souhaite pas trop élargir le champ de la discussion, à la fiscalité des cantons, par exemple.

On pourrait aussi renoncer à stimuler la croissance et s'accommoder du tourisme des achats, encore une affaire de milliards, plus de deux par année, qui désertent le marché intérieur. A part ne rien faire, tout est, à commencer par le cassis, dans l'adhésion par la petite porte. Un accord de libre-échange agricole aussi. Au moins comporterait-il une contrepartie.

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