Digitale attitude

L’aide aux réfugiés s’organise sur Facebook

OPINION. Les «slacktivistes», ou militants sur canapé, prennent une importance croissante dans le soutien et l’écoute des personnes déracinées. Le HCR reconnaît leur utilité dans un système traditionnel submergé

Chaque fois que des manifestants sont descendus dans la rue, des Printemps arabes au rassemblement des suprémacistes blancs à Charlottesville, une autre catégorie de militants s’est engagée plus passivement, dans le confort de son fauteuil. Ces personnes modifient par exemple leurs profils Facebook avec un «Je suis Charlie» pour soutenir l’hebdomadaire satirique parisien ou adoptent les couleurs de l’arc-en-ciel pour se montrer solidaires avec le mouvement LGBT. Elles signent des pétitions en ligne, partagent des vidéos et retweetent des faits d’actualité.

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Ce sont les «slacktivistes» – littéralement les «activistes paresseux» –, terme peu flatteur mais récemment réfuté dans une nouvelle étude émanant de l’Université de Pennsylvanie: «Ces «participants périphériques en ligne» sont devenus essentiels dans la communication et amplifient l’impact d’un événement», explique Sandra González-Bailón, professeure de sociologie:

Mais une autre forme de solidarité par écran interposé, humanitaire cette fois, a fait l’objet d’un article passionnant dans Bright Magazine. On y lit que dans les régions qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés – l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est – Facebook est très répandu. Mais pas seulement: il existe aussi des outils de traduction permettant à des personnes ordinaires situées à l’autre bout du monde de communiquer avec ces migrants. Il s’agit de mères au foyer, de vendeurs, d'agents immobiliers, de dentistes ou d'architectes…

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La sollicitude de ces citoyens se traduit par des actions concrètes. Ils font parvenir des prothèses à des amputés, envoient leur propre argent – parfois toutes leurs économies – ou organisent des récoltes de fonds. Ce, pour des opérations ciblées ou pour l’achat d’articles aussi divers que des titres de transport, des couches pour nourrissons ou des cartes téléphoniques. Mais surtout, ils offrent une écoute attentive aux récits et témoignages.

Nouveau et innovant

La porte-parole de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Laura Padoan, a qualifié cette forme d’humanitarisme de «nouvelle et innovante». Elle reconnaît que «ce soutien monétaire et psychosocial s’avère nécessaire dans un système d’assistance submergé par les besoins et sous-financé».

Si les fake news diffusées par les réseaux sociaux ont beaucoup occupé les titres des journaux ces derniers temps, on constate donc que l’empathie et l’entraide s’y propagent également.


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