Il existerait une «maladie du Nobel» qui se manifeste par l’incapacité des lauréats affectés à poursuivre une carrière scientifique aussi brillante qu’auparavant. En résumé, l’aura de la distinction suédoise est si grande que ses bénéficiaires ne se sentent littéralement plus aller et se mettent à pérorer sur n’importe quel sujet, bien au-delà de leur domaine de compétences.

Une ânerie rapportée par un Prix Nobel sera toujours plus crédible qu’une évidence proférée par un imbécile. D’ailleurs, ne suffit-il pas d’inscrire «Albert Einstein» en dessous de n’importe quelle plate banalité pour qu’elle en devienne une vérité humaniste indiscutable?