Conférence de conciliation

Laissez-moi passer, je suis docteur

OPINION. Cette semaine, deux Confédérés ont été nobélisés. Du coup, on se sent tous un peu plus malins, on a l’impression d’avoir soi-même découvert des exoplanètes. Mais l’inverse est aussi vrai, quand les spécialistes d’un domaine particulier deviennent des experts de tous les autres

Il existerait une «maladie du Nobel» qui se manifeste par l’incapacité des lauréats affectés à poursuivre une carrière scientifique aussi brillante qu’auparavant. En résumé, l’aura de la distinction suédoise est si grande que ses bénéficiaires ne se sentent littéralement plus aller et se mettent à pérorer sur n’importe quel sujet, bien au-delà de leur domaine de compétences.

Une ânerie rapportée par un Prix Nobel sera toujours plus crédible qu’une évidence proférée par un imbécile. D’ailleurs, ne suffit-il pas d’inscrire «Albert Einstein» en dessous de n’importe quelle plate banalité pour qu’elle en devienne une vérité humaniste indiscutable?