Opinion

L’alliance des journalistes et des chercheurs

A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, la Fondation Hirondelle et l’ONG Interpeace annoncent un partenariat

La journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai) est consacrée cette année au «rôle des médias dans la promotion de sociétés pacifiques, justes et inclusives». Pour beaucoup ce rôle est loin d’être évident. Partout, la défiance face aux journalistes progresse.

La critique des médias est nécessaire et salutaire. Elle fait partie du débat démocratique. Il ne faut pas cependant la confondre avec la mise en cause de plus en plus systématique du bien-fondé de la recherche de la vérité et de l’exposition des faits, lorsqu’ils sont vérifiés et avérés, au public. C’est l’essence du métier de journaliste.

Un défi d’autant plus grand dans les pays fragiles

Ce défi est d’autant plus grand dans les pays fragiles et les contextes de crise. Bien souvent, alors que les armes se sont tues, la méfiance reste entre des groupes entiers de la population, alimentée par des rumeurs, des fausses informations et la manipulation des médias à des fins partisanes. Sans efforts pour rebâtir une confiance entre les citoyens et avec leurs autorités, il est d’autant plus dur, si ce n’est impossible pour une société d’envisager un développement stable et durable. Rebâtir cette confiance passe avant tout par le dialogue et l’information. C’est précisément la mission de nos deux organisations qui, depuis plus de 20 ans chacune, travaillent pour favoriser la résolution des conflits.

L’exemple du Mali

Au travers de médias indépendants qu’elle crée ou soutient, la Fondation Hirondelle fournit de l’information à des populations confrontées à des crises, pour leur permettre d’agir dans leur vie citoyenne. Avec ses équipes et partenaires de chercheurs et de «bâtisseurs de paix» locaux, Interpeace facilite des processus de dialogue visant à donner à tout un chacun une possibilité de participer à la résolution des conflits qui les divisent. Journalistes, chercheurs et «bâtisseurs de paix» ont matière à échanger et travailler ensemble sur de nouveaux terrains pour contribuer à la construction de sociétés plus démocratiques et apaisées.

Le cas du Mali peut être cité en exemple. En 2013, alors que le pays affrontait les répercussions d’une crise profonde, Interpeace et la Fondation Hirondelle ont mis leurs efforts en commun pour favoriser l’émergence d’un dialogue citoyen. Ce dialogue a permis non seulement aux Maliens d’identifier les obstacles à la paix mais aussi d’en débattre au niveau national sur l’antenne de Studio Tamani, le programme radiophonique créé par la Fondation Hirondelle. Chaque jour, Studio Tamani produit et diffuse 3 heures d’information et de débat en 5 langues à travers un réseau de 60 radios partenaires dans le pays. Plus d’1,6 millions d’auditeurs l’écoutent tous les jours.

Accord de partenariat

L’équipe de «bâtisseurs de paix» soutenue par Interpeace contribue aux émissions de Studio Tamani. Elle met à disposition des journalistes les résultats de leurs recherches réalisées sur le terrain et de leurs analyses sur les causes des conflits. Journalistes et chercheurs travaillent ainsi ensemble à l’exposition et à l’explication des faits qui sont à l’origine de la crise que subit ce pays Sahélien.

Interpeace et la Fondation Hirondelle ont décidé de s’associer plus fortement en 2017 dans le cadre d’un accord de partenariat, qui sera signé à Genève le 4 mai. Ce partenariat favorisera de nouvelles passerelles entre les journalistes, les chercheurs, les spécialistes de la construction de la paix et les communautés confrontées à des crises majeures.

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