Leur colère est désormais officielle. Au Grand Orient de France, principale loge maçonnique française et «temple» d’une République assiégée jadis par les religions, les «frères» ont la méfiance en bandoulière depuis qu’Emmanuel Macron a rouvert le débat sur la laïcité. L’inquiétude des francs-maçons – relais traditionnel de pouvoirs en France et très influents parmi les élus et les corps intermédiaires – a commencé à poindre lorsque le président français a exprimé devant les évêques catholiques de France, en avril 2018, son souhait de «réparer» le lien «abîmé» entre l’Eglise et l’Etat.

Et voilà que le locataire de l’Elysée, baptisé à 12 ans contre l’avis de son père lors d’une sorte de crise mystique préadolescente, a remis cela par écrit, dans sa lettre à ses compatriotes du 13 janvier. Sous forme de deux questions. «Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays?» et «Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République?»