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Intérieur du nouveau Pandamobile du WWF qui présente aux écoliers suisses les projets de protection de l’environnement. Zurich, 14 juin 2018.
© WALTER BIERI

Opinion

L’aménagement du territoire, une aubaine pour la biodiversité?

OPINION. La révision de la loi cantonale vaudoise sur l’aménagement du territoire vient d’être acceptée et 169 communes vont devoir redimensionner leurs zones à bâtir. Les organisations de protection de l’environnement voudraient être associées à cette réflexion, explique Marie-José Petétot, du WWF Vaud

Fragmentation du paysage, constructions peu planifiées, disparition des habitats et prairies, étalement urbain, phytosanitaires nuisibles à la biodiversité: depuis plusieurs décennies, la nature suisse souffre. Les zones protégées sont souvent trop dispersées et mal connectées les unes aux autres à cause d’un manque de vision dans la planification du territoire. A ceci s’ajoutent les différentes infrastructures rendues nécessaires par notre croissance démographique et notre développement économique, comme les routes, les zones industrielles, etc. Chaque jour, de nouvelles constructions voient le jour dans des paysages précieux pour la biodiversité. S’ils étaient encore préservés jusqu’à aujourd’hui, demain ils seront définitivement perdus.

Bien des nuits blanches à venir

Or, cette pression de la construction sur notre territoire, le peuple suisse n’en veut plus. La preuve? Le plébiscite de la modification de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT) en 2013 qui vise à préserver le paysage en freinant l’étalement urbain et la dégradation de la nature. La mise en œuvre de cette loi va se faire dans le canton de Vaud. En effet, la révision de la loi cantonale sur l’aménagement du territoire vient d’être acceptée par le Grand Conseil vaudois et 169 communes vont devoir redimensionner leurs zones à bâtir.

Chaque jour, de nouvelles constructions voient le jour dans des paysages précieux pour la biodiversité

Mais la coordination des différentes activités sur le territoire communal devient de plus en plus exigeante. En effet, comment concilier la sauvegarde de vieux arbres fruitiers, témoins des anciens vergers qui ceinturaient les villages, ou d’un étang abritant têtards et tritons au coin d’une parcelle, ainsi que d’autres trésors dont la valeur biologique est souvent méconnue, avec l’accroissement des demandes de terres arables pour bâtir bien souvent encore des villas dans nos campagnes? La mise en œuvre de la LAT risque de faire passer bien des nuits blanches aux autorités communales. Raison pour laquelle les sections vaudoises de Pro Natura et du WWF se sont alliées pour proposer aux communes leurs connaissances du territoire afin de les aider à tenir compte de la nature et de la biodiversité.

Une Suisse préservée

Ainsi, choisir judicieusement les zones surdimensionnées pour les remettre en zone agricole permet d’assurer des surfaces utiles à l’agriculture, de réduire le mitage du territoire, de préserver le paysage et les connexions naturelles. Les habitats des animaux et des plantes sont mieux sauvegardés, car la nature a besoin d’espaces tranquilles pour s’épanouir. De plus, la démarche préserve les beaux paysages naturels qui sont chers non seulement à la population et favorables pour le tourisme. Chacun d’entre nous y gagne, car ces espaces naturels nous offrent des lieux de détente et de loisirs quotidiens.

Le but des deux ONG est double. Le premier est d’apporter une sensibilisation environnementale aux politiques communales, pour qu’elles développent une vision à plus long terme du paysage naturel de leur territoire. Il faut donc travailler avec les urbanistes en leur rappelant que la nature fait partie de l’urbanisation et qu’il est pertinent de l’intégrer dans leurs réflexions de redimensionnement. Le second but est de réfléchir à l’utilisation des outils juridiques à disposition pour que la nature et le paysage soient pris en compte et que cette nature fasse partie intégrante de toutes les réflexions futures quant au développement du territoire. La LAT veille à ce que les prochaines générations puissent vivre dans une Suisse préservée où la nature se déploie partout. Il est dès lors d’autant plus important pour les deux ONG de veiller à ce que la densification des zones constructibles s’effectue avec une meilleure protection des espaces verts où la biodiversité peut s’épanouir.

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