Alain Campiotti a été rédacteur en chef adjoint du Temps, correspondant aux Etats-Unis, au Proche-Orient, et en Chine bien avant. C’est par son épouse, la chroniqueuse judiciaire Myriam Meuwly, qu’il a connu Christian Dunkel. D’abord comme une légende, puis comme une personne, dont la vie aventureuse, dans les marges et sur trois continents, fait la matière de ce feuilleton en dix épisodes.

Retrouvez-les ici.

New York en hiver. Drôle d’idée pour des vacances. C’était dans les premiers jours de 1994. Nous avions trouvé un hôtel pas cher sur le Bowery, tenu par des Egyptiens à deux pas d’une fameuse Mission, rendez-vous des tramps du Lower East Side. Christian Dunkel était-il la seule raison de notre voyage? A part l’abondante neige sur les trottoirs et dans les rues, c’est le seul souvenir qui surnage. Myriam revoyait l’évadé pour la première fois depuis près de vingt ans. Cécile, notre fille, et moi ne l’avions jamais rencontré. Nous avons mangé dans un restaurant indien. Elles ont reçu en cadeau des foulards en soie. Myriam apportait cette confirmation amère: la justice vaudoise se montrait toujours aussi inflexible; la prescription, vingt ans après la condamnation du jeune délinquant à Lausanne, dix-neuf ans après son évasion du pénitencier de Bellechasse, ne prendrait effet que le 15 mars 1995. Mais quelques mois de plus à attendre, qu’est-ce que ça changeait, après une si longue cavale? Et il avait tant à raconter…