Afin de marquer ce début d’année en pleine crise globale, «Le Temps» a sollicité quelques personnalités en leur laissant page blanche pour exprimer leurs attentes.

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Lorsque l’on m’a demandé d’écrire comment j’envisageais 2021, j’ai réalisé que les sollicitations immédiates du présent continuant à me happer, je ne m’étais pas encore posé sérieusement la question. Avec cette pandémie du virus SARS-CoV-2, c’est notre vision de soi, du monde et de l’avenir qui a été remise en question. Après un moment de sidération, il a fallu composer avec cet ennemi invisible qui a, en quelques jours, paralysé des pays entiers. Il nous a fallu du temps pour accepter qu’il s’agissait, non pas d’une crise, mais d’une nouvelle réalité qui allait conditionner durablement notre manière de vivre ensemble, de travailler, de se divertir. La tolérance à l’incertitude, mise à rude épreuve, a commencé à départager parmi nous ceux qui traverseraient mieux que d’autres cette interminable période d’instabilité.

Les discussions scientifiques réservées habituellement aux experts ont fait irruption dans le débat public. Autour de ce virus SARS-CoV-2 que la communauté scientifique découvrait avec humilité au fur et à mesure des dégâts qu’il générait, des contradictions et des incohérences autour des modes de contamination, de son origine, de sa dangerosité sont venues alimenter chez certains de la méfiance. Autour des mesures prises pour endiguer la propagation du virus s’est cristallisée l’opposition entre primat de la santé et celui de l’économie.