En présentant leur rapport à Genève, mercredi 12 mai, les 13 experts du panel indépendant mandaté par l’OMS pour «étudier la réponse internationale» au Covid-19 ont qualifié cette pandémie de «Tchernobyl du 21e siècle». Le SRAS-CoV-2 n’a-t-il pas déjà infecté 148 millions d’individus, tué plus de 3 millions de personnes dont 17 000 soignants à travers le monde? L’analogie vaut surtout par l’origine humaine du drame: un enchaînement – dans les premières heures pour le réacteur nucléaire et les premières semaines pour le virus – de dénis et de mauvaises décisions qui vont provoquer une catastrophe sans précédent. Un bon système d’alerte l’aurait empêchée.

Les experts se gardent bien d’accuser un pays en particulier ou l’OMS. «Il n’y a pas un seul individu ou une seule nation qui soit responsable», précise l’une des coprésidentes du panel, Ellen Johnson Sirleaf, l’ancienne présidente du Liberia. L’ensemble de la communauté internationale est fautive à divers degrés. A bien lire le rapport, toutefois, les autorités chinoises et le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ont bel et bien retardé la prise de conscience d’une pandémie en devenir. Comme les ingénieurs de Tchernobyl.