A l’époque, on avait pu être indulgent. On n’en était qu’à un patronyme près. Juste une erreur de Judith. Souvenez-vous. Mortifiée, Vanessa Paradis avait marqué les esprits en 1991 lors de la remise du César du meilleur espoir féminin: Godrèche en lieu et place d’Henry, ça peut encore se comprendre…

Mais là, non! Comme le dit @LealyBodin sur Twitter, Vanessa Paradis est «battue à plate couture par Warren Beatty». Et qu’a-t-il fait de si terrible, l’ex-golden boy d'Hollywood, avec Faye Dunaway à ses côtés? Sur les réseaux sociaux, tout le monde ne parle plus que de cela depuis lundi matin: ce n’est pas de leur faute, mais alors que tout le monde retenait son souffle en attendant le meilleur film de l’année, un énorme couac a eu lieu. L’acteur s’est retrouvé avec la mauvaise enveloppe entre les mains, sacrant ainsi à tort La La Land!

Toute l’équipe du film de Damien Chazelle est alors montée sur scène… jusqu’à ce qu’elle soit prévenue que le gagnant était en réalité Moonlight de Barry Jenkins. La faute au cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers, qui supervise le dépouillement des bulletins depuis 1935 mais qui s’est cette fois sérieusement emmêlé les pinceaux. La scène culte est déjà entrée dans l’histoire de la cérémonie. Et, avènement de la société numérique oblige, dans celle de YouTube, où elle a été publiée des dizaines de fois:

S’en est suivie une grande confusion, personne ne comprenant plus rien du tout à ce qui s’était passé. Ce n’était pourtant pas un sketch: «It’s not a joke», insiste alors à plusieurs reprises le producteur d’un film aussi vite détrôné qu’il avait été porté aux nues.

Alors, à la suite de telle méprise, rien d’étonnant à ce que tout le monde se lâche sur Twitter: «Après l’erreur à l’élection de Miss Univers, l’erreur aux Oscars, vont-ils se rendre compte de l’erreur faite avec l’élection de Trump?» se moque @briceteo. Même AccorHotels France (@AccorHotels_FR) a sauté sur l’occasion pour s’offrir une publicité à bon marché: «Si comme Warren Beatty vous cherchez à disparaître de la civilisation, nous avons forcément une chambre pour vous!»

Des centaines de commentaires

Sur Facebook, c’est encore pire. Un festival de mèmes a envahi la Toile dès la bourde commise. Avec fake news, détournements d’images et de situation, sans compter d’autres délires d’internautes en mal de popularité. A tel point que peu de gens ont compris qu’il n’y était pour rien, ce pauvre Warren Beatty. Même le magazine Variety, pourtant toujours très bien informé dans ce domaine-là, a prétendu sur son compte Twitter que l’acteur avait fait une erreur. Ce qui a déclenché des centaines de commentaires. Railleurs, incrédules, ironiques, voire grossiers. Sans la moindre objectivité, et encore moins de pitié.

Mais au bout du compte, la bourde des Oscars a tout de même bien fait rire le Web. Ce chenapan de Michael Moore (@MMFlint) a, pour sa part, annoncé qu’il y avait eu une erreur et que c’était bien Hillary Clinton qui avait été élue présidente des Etats-Unis. Et le comble est que, dans la course à l’information la plus rapide, même le compte officiel de l’Académie (@TheAcademy) a annoncé La La Land comme best picture:

Mais le pire, dans toute cette histoire, c’est que le Net adorant rappeler les précédents, la pauvre Vanessa Paradis est revenue sur le devant de la scène des précieuses ridicules, en version 2.0. Elle qui put croire un jour qu’elle aurait droit à l’oubli numérique, c’est raté.


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