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A terre, la vénérable antenne de la Barillette, ce jeudi en début de soirée.
© Valentin Flauraud, Laurent Gilliéron, Laurent Darbellay/Keystone

Revue de presse

Et l’antenne de la Dôle s’écroula dans un grand fracas explosif…

Chute spectaculaire sur La Côte vaudoise, jeudi en début de soirée: le vieil émetteur radio a été dynamité. Dans un paysage de rêve et par un temps superbe

Ce sont de somptueuses images, très spectaculaires, qui rappellent le précédent de Prangins (VD), avec son fameux émetteur historique dont les mâts avaient été dynamités le 6 septembre 2012. Mais cette fois, c’est sur la montagne que cela s’est passé, plus précisément au sommet de la Dôle sur La Côte vaudoise, où «l’antenne de la Barillette a vécu», selon l’expression de 20 minutes, «après 60 ans d’existence». L’agence Keystone y était, avec pas moins de deux photographes et un vidéojournaliste, qui ont fourni un matériel précieux aux médias, mettant en valeur ce happening qui s’est déroulé dans un paysage de rêve, sur les hauteurs du bassin lémanique, avec la bénédiction des dieux de la météo:

Pour abattre cette «structure haute de plus de 125 mètres», précise le quotidien gratuit, il a fallu 8 kilos d’explosifs, susceptibles de venir à bout de ce mât de métal installé à 1500 mètres d’altitude. «C’est rare de pouvoir dynamiter un tel objet, c’est un challenge», a expliqué à l’ATS Patrick Berner, patron de Sagramat SA, entreprise chargée de l’opération. Dans sa carrière, l’homme n’avait jusqu’ici eu qu’une seule opportunité du genre», l’antenne principale de Sottens (VD), elle aussi couchée sur le flanc en 2014:

Alors, à 18h04 très précises, «les 28 charges installées au pied de l’émetteur ont fait leur travail. La tour rouillée s’est écroulée», dans un geste empreint de majesté déchue. Mais exactement «comme prévu, dans un pâturage en direction de la Dôle». Désormais à terre, «elle sera découpée en morceaux qui seront ensuite transportés pour être recyclés. «Vous les trouverez peut-être dans votre prochaine voiture ou dans une porte d’ascenseur», rigole Patrick Berner. Propriété de Swisscom Broadcast, le vieux mât servant à transmettre des programmes radio en analogique et numérique ainsi que la TNT a été remplacé en août dernier par une nouvelle infrastructure appartenant au même groupe.»

Cinq longs coups de trompe avaient auparavant retenti «au milieu des pâturages», raconte 24 heures. «Le moment, pour les invités qui ont pu monter à la Barillette en cette fin de journée de jeudi, de se planquer et de se boucher les oreilles. Encore trois sonneries courtes. Puis une dernière», et le mât «tombe raide» – comme on le dit à cette frontière patoisante du Pays de Vaud où le boutefas devient le botato – «d’une pièce»!

«Soulagés, les techniciens se congratulent», enchaîne le quotidien vaudois. Tout a fonctionné «tip-top, pico bello», après une détonation entendue loin à la ronde. Les explosifs «étaient bien placés, sur deux pieds du mât, pour faire tomber la tour côté ouest, sans toucher le nouveau bâtiment et la nouvelle antenne construits à quelque 50 mètres de là». Adieu, c’t’«emblème de la chaîne du Jura», a dit la RTS:

Puis le silence, ou presque, comme dans un deuil: «Là-haut, seul le vrombissement des drones qui tournent au-dessus de la carcasse de fer trouble encore la nature.» On avait pourtant eu un peu peur, notamment que le beau ne fût point au rendez-vous, les experts ayant préféré différer une opération initialement prévue à 11 heures le matin, explique le quotidien La Côte.

Oh, «dans sa chute» – aurait remarqué C. F. Ramuz – le mât a bien «fait plier quelques petits sapins». Mais «c’était prévu, et le souffle de l’explosion a envoyé quelques graviers sur la façade de la nouvelle station». Et puis, «si l’explosion n’a projeté que peu de débris aux alentours», quelques spectateurs nostalgiques fouillaient déjà dans l’herbe «pour ramasser un bout de la structure rouge et blanche». Elle sera remplacée, on l’a dit, par des installations high-tech flambant neuves, dont 24 heures donne toutes les spécificités.

«Que les navigateurs se rassurent», donc, car «la lumière rouge qui leur servait de repère continuera de clignoter sur le nouveau mât». Dans un monde pourtant en pleine mutation, à commencer par la généralisation de la radio DAB, principale coupable de cette tuerie sur la montagne. Les détails relatifs à ces transformations technologiques peuvent être lus sur le site de La Côte, qui a suivi toute l’affaire depuis plusieurs mois.

Morale de l’histoire? Elle est peut-être un brin ironique – mais l’Histoire l’est presque toujours – comme le relève Didier Sandoz sur Facebook. «Dans le temps, on ne dynamitait pas les antennes, on les démontait à Sottens pour les remonter à la Barillette…» explique un article publié en 1955 dans la Feuille d’avis de Lausanne. Celui-ci raconte toute la glorieuse époque des débuts de la radio et de la télé (romandes) dans le bassin lémanique. Qui demeure passionnante à l’heure de l’inflation médiatique du XXIe siècle.

Voir l’événement filmé par Keystone et l'ATS.

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