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En régie, lors de la conférence de presse de Doris Leuthard contre l’initiative «No Billag», le 11 décembre 2017.
© ANTHONY ANEX/KEYSTONE

Opinion

L'apocalypse est proche: nous voterons sur «No Billag»!

OPINION. «No Billag» n’est pas un complot de nationalistes extrémistes mais une initiative venant de jeunes souhaitant réparer un système incohérent et inadapté aux changements de production, écrit Frédéric Jollien, membre du comité «No Billag»

L’avis populaire serait, semble-t-il, «têtu». Les sondages le prouvent à nouveau: la population suisse serait majoritaire à accepter l’initiative dite «No Billag» malgré tous les cris d’épouvante des personnes concernées. Des articles ont essayé de dépeindre les initiants tantôt comme des anarchistes libertaires, tantôt comme des extrémistes de droite haïssant les journalistes ou, pire, souhaitant prendre possession de l’information grâce à l’argent de Blocher. Les instances dirigeantes de la SSR déclarent de leur côté qu’il n’y a pas «de plan B possible». Certains politiciens parlent d’une volonté, cachée, de «détruire le paysage médiatique». La cohésion nationale serait ébranlée. L’égoïsme individualiste serait prêt à renverser la solidarité nationale. Pourtant, depuis maintenant plusieurs mois, malgré cet «argumentaire» martelé à répétition, les gens semblent hermétiques et les indicateurs des sondages restent identiques. Mais que se passe-t-il?

Consulter notre dossier: La controverse «No Billag»

Peut-être que plus que l’absence de remise en question et l’inaction des politiques, c’est surtout l’hystérie ambiante qui confirme les citoyens dans leurs choix. Non, il ne s’agit pas d’un complot de nationalistes extrémistes mais une initiative venant de jeunes souhaitant réparer un système incohérent et inadapté aux changements de production. Un système qui réserve la quasi-totalité des recettes à la seule SSR et qui dans le même temps serait «un encouragement à la diversité».

Non, il ne s’agit pas d’égoïsme

Non, il ne s’agit pas de démolir des médias mais simplement de remplacer un financement obligatoire arbitraire par un financement volontaire comme il existe pour les médias papiers et les autres industries de ce pays. Non, nous ne serons pas plus menacés par les télévisions étrangères que Le Figaro menace Le Temps aujourd’hui. Non, la cohésion nationale suisse ne dépend pas d’un paiement forcé mais est construite sur une volonté générale des citoyens de ce pays de défendre ensemble leurs libertés. Non, nous ne sommes pas dans une période de désertification des médias mais dans une ère d’abondance et de restructuration des anciens modèles d’entreprises pour s’adapter aux nouveaux modes de production et de consommation. Non, il ne s’agit pas de supprimer l’accès aux sports ou à la culture mais de laisser les gens faire leurs choix quant aux organisations qu’ils supportent ou réprouvent et de pouvoir exercer leur libre arbitre en fonction. Non, il ne s’agit pas d’égoïsme mais d’exercer sa liberté sur son salaire dignement gagné et de ne pas abandonner notre raison à la politique et aux lobbies qui déterminent de concert ce qui est bon pour nous avec notre argent.

Il s’agit simplement de remplacer un financement obligatoire arbitraire par un financement volontaire comme il existe pour les médias papier

Cette hystérie qui a pris part dans le débat public ne répond pas à ces questions morales: elle se contente de hurler aux loups en désignant des épouvantails. De nombreux élus, refusant que des citoyens interviennent dans leur travail, semblent préférer la tactique de la peur plutôt que l’autocritique. Peut-être que les citoyens sont simplement fatigués et bien trop conscients de la réalité de cette communication.

Acheter notre opinion

Comment peut-on dire qu’une entreprise majeure de ce pays, ayant un large soutien populaire et dont les services sont appréciés, peut s’effondrer par le simple fait de laisser les citoyens établir des accords volontaires avec celle-ci plutôt qu’être soumis à l’arbitraire du politique? Par ailleurs, le Conseil fédéral va maintenant «plafonner» la SSR. Pourquoi? A-t-elle soudainement fait quelque chose de mal? Mme Leuthard a également transféré une partie de la redevance des ménages sur le dos des entreprises afin de nous proposer cette élégante facture de 1 franc par jour. Les travailleurs sont-ils tout à coup de grands consommateurs de médias pendant leurs heures de travail?

Non, il s’agit bien évidemment d’acheter notre opinion par quelques tours de passe-passe dont les souverains ont le secret. Il n’y a aucune volonté de réformer en profondeur ce système qui touche les intérêts de bien trop de monde. Et, quand on lui demande l’origine du nouveau montant de la redevance, la ministre déclare: «Non, ceci n’est pas un prix politique!» Mais c’était trop tard. La magie n’opérait plus: la population s’était déjà mise à penser.

Dossier
La controverse «No Billag»

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