Du moment où Taïwan a été durement touché par l’épidémie de SRAS et tout au long de ces 17 dernières années, nous avons maintenu une situation de préparation permanente face à la menace d’une nouvelle maladie infectieuse. Par conséquent, dès la première confirmation, le 31 décembre 2019, d’une information sur une nouvelle pneumonie, Taïwan a commencé le jour même à effectuer des contrôles à bord des avions en provenance directe de Wuhan. Une équipe dédiée était créée dès le 2 janvier 2020, et le Centre de contrôle des épidémies, qui a les moyens d’intégrer les remontées de différents ministères et est pleinement impliqué dans la maîtrise de la propagation de l’épidémie, est lancé le 20 janvier.

L’intervention rapide du gouvernement a permis d’avoir la situation sous contrôle. Malgré sa proximité avec la Chine, Taïwan a recensé seulement 429 cas confirmés et 6 décès en date du 30 avril. Face à l’épidémie de Covid-19, Taïwan a créé un système électronique pour la quarantaine à l’arrivée qui permet aux passagers de remplir le formulaire de santé directement sur leur téléphone. Le tout est connecté au système de gestion d’aide aux soins par lequel les agences gouvernementales concernées fournissent des services de santé et une assistance médicale. L’historique des voyages se trouve désormais dans la carte d’assurance maladie des personnes de façon à alerter les médecins sur la possibilité d’une infection et éviter ainsi une transmission locale.

Contacts avec la Suisse

Taïwan a aussi augmenté sa capacité à réaliser des tests en laboratoire, le rayon de la surveillance, et des contrôles sur les personnes présentant un risque élevé de contamination. Deux cent dix-sept hôpitaux et cliniques sont désignés pour former un réseau de tests. Les hôpitaux doivent mettre en place des espaces dédiés pour isoler et soigner individuellement les malades du Covid-19. Les exportations de masques chirurgicaux sont interdites depuis le 24 janvier, les masques ont été réquisitionnés, et la production nationale a augmenté. Le 6 février, Taïwan a lancé un système de comptage des achats de masques auprès des agences de santé publique désignées. Et la possibilité de commander en ligne a été ajoutée le 12 mars, ce qui permet aux gens de venir les retirer dans les magasins de proximité. Toutes ces mesures nous ont permis de partager équitablement des ressources limitées.

Si la mission de l’OMS est vraiment d’assurer le meilleur niveau de santé possible pour chaque être humain, alors l’OMS a besoin de Taïwan tout comme Taïwan a besoin de l’OMS

Une crise, d’où qu’elle vienne, devient un problème pour tout le monde. Bien que n’étant pas membre de l’OMS, Taïwan ne peut pas être laissé seul et doit être inclus dans la lutte. A partir du mois d’avril, Taïwan a fait don de plus de 10 millions de masques médicaux aux pays du monde, y compris la Suisse. Afin de s’assurer que la santé de l’humanité ne soit pas mise en péril par un manque de communication et de transparence, Taïwan remplit ses responsabilités en tant que citoyen du monde et s’est conformé au Règlement sanitaire international 2005 (IHR 2005) en rapportant à l’OMS ses cas de Covid-19. Taïwan est en contact avec d’autres pays comme la Suisse ainsi qu’avec le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies, pour échanger des informations sur les cas confirmés, leur historique de déplacements et de contacts, et sur des mesures de contrôle aux frontières. Taïwan a aussi transmis la séquence du génome du Covid-19 à la fondation GISAID (Global Initiative on Sharing All Influenza Data).

Aucun pays ne doit être négligé

Si la mission de l’OMS est vraiment d’assurer le meilleur niveau de santé possible pour chaque être humain, alors l’OMS a besoin de Taïwan tout comme Taïwan a besoin de l’OMS. Cela fait longtemps que Taïwan est exclu de l’OMS pour des raisons politiques. C’est regrettable dans la mesure où Taïwan a beaucoup à apporter avec son expérience renommée dans la santé publique et sa capacité à tester rapidement le Covid-19, de même que sa recherche pour la fabrication d’un vaccin ou de médicaments. Nous espérons qu’après la décrue de la pandémie, l’OMS aura bien compris qu’aucun pays ne doit être exclu pour éviter un manque dans la sécurité sanitaire mondiale. L’OMS ne devrait négliger la contribution d’aucun pays.

Nous demandons à l’OMS d’inclure Taïwan à l’OMS, à ses réunions, à ses mécanismes et à ses activités, afin que les Taïwanais puissent jouir du droit humain fondamental à la santé comme stipulé dans la Constitution de l’OMS. En écho aux Objectifs de développement durable 2030 de l’ONU, personne ne doit être laissé de côté.