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L’Arabie saoudite et son pétrole: «Too big to fail»

OPINION. Afin de diffuser la douleur des sanctions américaines sur les autres pays, Téhéran joue sur le registre «si tu m’attaques, j’attaque tes amis», écrit notre chroniqueur Laurent Horvath

Grâce à une protection américaine rapprochée et à son potentiel d’extraction de 12 millions de barils par jour d’excellente qualité, l’Arabie saoudite est le garant et l’ambassadeur mondial du pétrole. Paradoxalement, la malchance et les mauvaises décisions s’accumulent sur le jeune prince Mohammed ben Salman (MBS) chargé du gouvernement depuis sa nomination par son père, le roi. Cette baisse de régime et l’attaque de deux installations pétrolières stratégiques par des drones pourraient-elles marquer le début de la fin pour le pétrole face aux énergies renouvelables?

Incapable d’égaler la puissance de feu des Etats-Unis et de répliquer à la «pression maximale» imposée par Washington, l’Iran joue en subtilité et pragmatisme. Afin de diffuser la douleur des sanctions américaines sur les autres pays, Téhéran joue sur le registre «si tu m’attaques, j’attaque tes amis». Dans ce rôle, l’Arabie saoudite et son prince sont des proies idéales. Ainsi, ces derniers mois, Riyad a subi une série d’attaques chirurgicales sur ses installations pétrolières. Ces opérations étaient autant visuelles, pour montrer la vulnérabilité du pays, que minimalistes pour ne pas risquer de s’attirer des représailles.