Douce France. Les banlieues et les forêts américaines brûlent, le monde se reconfine sous la menace d’un retour du coronavirus, l’économie mondiale suffoque. Et la France s’enfonce dans une terrible polémique pour une histoire de sapin de Noël. C’est Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, un Vert issu de la dernière vague écologiste, qui a lancé les hostilités alors qu’il s’épanchait sur sa vision moderne du monde d’après.

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Parmi les grands projets qu’il porte, M. Hurmic veut biffer du budget municipal celui du sapin de Noël. Tout un programme. Pas pour une forme de laïcité radicale qui aurait suscité des initiatives populaires du côté d’Egerkingen. Non. Notre social justice warrior de maire ne veut pas fêter Noël avec des «arbres morts». Un cadavre étranger au concept de végétalisation de Bordeaux. Et dans la foulée, voilà qu’il lance l’entreprise fondamentale d’une charte des droits des arbres.

Dans un pays qui ne connaît pas de problème plus grave, cette déclaration fracassante n’a pas manqué de susciter l’indignation générale. La polémique a occupé les plateaux des chaînes d’info en continu. Et suscité l’ire du président de l’Association française du sapin de Noël naturel, l’AFSNN (www.afssnn.fr, pour ceux qui doutent du sérieux de ma chronique). Son président, M. Naudet, n’a pas manqué de regretter une décision qui jette l’opprobre sur tous les professionnels de la branche. Sans rire.

Pendant ce temps, à Lyon…

De l’autre côté du pays, à Lyon, c’est l’écolomaire Doucet qui se faisait remarquer en tirant à boulets rouges sur le vélo. Original. Il se plaignait que le Tour de France fasse arrêt dans sa ville, accusant la manifestation d’être «machiste et polluante». Pour le représentant d’un mouvement qui promeut la petite reine jusqu’à refuser le casque et le partage des pistes cyclables, c’est cocasse.

La même semaine, le pape a déclaré que «le plaisir de manger, comme le plaisir sexuel viennent de Dieu». En l’espace de quelques jours, on a ainsi pu voir les représentants de l’écologie politique se montrer plus conservateurs, puritains et moralisateurs que la plus haute autorité catholique.

De la viande aux sapins de Noël, de la Grande Boucle aux compagnies low cost, les écologistes seront toujours là pour punir les petits bonheurs terrestres. Par cette forme de grande dépression écologiste, une austérité censée nous protéger d’une prétendue fin du monde que l’on finira par regretter.


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