Opinion

L’arrivée du printemps de la coopération sino-suisse

Les relations sino-suisses entrent dans une nouvelle ère de «partenariat stratégique innovateur», affirme l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Suisse, GENG Wenbing

Sur l’invitation du Président chinois Xi Jinping, le Président de la Confédération suisse Johann N. Schneider-Ammann a effectué une visite d’État en Chine du 7 au 9 avril. Les deux parties ont échangé des points de vue d’une manière approfondie et sont parvenues à un consensus général sur les relations bilatérales, les coopérations dans tous les domaines ainsi que les questions internationales et régionales d’intérêt commun.

Le plus remarquable est que les deux parties se sont mises d’accord sur un «partenariat stratégique innovateur» en publiant une déclaration conjointe dans le but d’approfondir et d’exploiter une coopération innovante.

En indiquant les directions dans lesquelles les relations sino-suisses se renforceraient à l’avenir, cette orientation toute nouvelle favorise le développement et la prospérité communs des deux pays, et revêt une signification stratégique et à long terme.

Une nouvelle ère des relations entre la Chine et la Suisse

La Confédération suisse est le premier pays qui a créé un partenariat stratégique innovateur avec la Chine. Les relations sino-suisses entrent dans une nouvelle ère de développement. Si nous regardons l’histoire des relations sino-suisses, nous constatons que l’exploitation et l’innovation sont les deux caractéristiques les plus éclatantes.

La Suisse fut l’un des premiers pays occidentaux à reconnaître la Chine nouvelle et à nouer des relations diplomatiques avec elle. Au lendemain du lancement de la politique de réforme et d’ouverture de la Chine, le groupe Schindler a fondé conjointement avec la partie chinoise la première entreprise industrielle mixte en Chine.

La Confédération suisse est le premier pays européen à reconnaître le statut d’économie de marché de la Chine. A l’heure actuelle, il existe plus de vingt mécanismes de dialogue et de coopération entre la Suisse et la Chine couvrant un large éventail de sujets. L’accord de libre-échange sino-suisse est devenu un jalon historique dans l’approfondissement et le développement des relations bilatérales. Un «esprit sino-suisse» – dont les trois mots-clés sont égalité, innovation et «gagnant-gagnant» – cultivé par les deux pays élargit la coopération et joue un rôle pionnier et exemplaire dans les relations entre la Chine et les pays européens.

La Confédération, terre d’innovation

Actuellement, les lourdes conséquences de la crise financière mondiale ne sont pas encore retombées, la reprise économique mondiale reste lente et tortueuse, tous les pays font face à de nouveaux défis dans leur économie sociale. Dans ce contexte, l’innovation reste le moteur de la croissance et la solution pour relever les défis et pour résoudre les problèmes. 2016 marque la première année du 13e plan quinquennal de la Chine et de la mise en œuvre des cinq concepts de développement, à savoir «innovation, coordination, écologie, ouverture, partage», dont l’innovation occupe la première place.

Nommée la terre d’innovation, la Confédération suisse se classe en tête de l’indice mondial de l’innovation depuis de nombreuses années et possède des technologies avancées et de riches expériences en matière de fabrication haut de gamme, d’industrie pharmaceutique et chimique, d’agriculture écologique, de protection de l’environnement.

Par conséquent, la synergie de la stratégie chinoise de développement par l’innovation et des avantages de la Suisse en la matière produira des résultats encourageants, qui amèneront de nouvelles motivations et ouvriront de nouveaux espaces au développement de la relation bilatérale, de même qu’ils fourniront un exemple et des expériences pour la coopération internationale en matière d’innovation.

Les relations sino-suisses dépassent le cadre traditionnel du commerce

Dans le secteur manufacturier, les deux parties créeront une synergie entre les stratégies de «Fabriqué en Chine 2025» et de l'«Industrie 4.0» de la Suisse, de sorte que les deux pays se retrouvent à l’avant-garde de la numérisation et de la quatrième révolution industrielle, et que leurs relations dépassent le cadre traditionnel de commerce et d’investissement pour amener un bénéfice mutuel et une situation «gagnant-gagnant» à un niveau supérieur.

Tout en mettant l’accent sur la construction du marché de l’offshore du RMB à Zurich au plan financier, les deux pays s’efforceront de multiplier les coopérations en ce qui concerne la supervision financière, les macropolitiques, le perfectionnement du système du marché des capitaux, la formation des personnes spécialisées, ainsi que les coordinations au sein des institutions financières internationales pour contribuer ensemble à la stabilité des finances internationales.

La Chine et la Confédération suisse continueront à mettre en œuvre d’une manière approfondie l’accord de libre-échange sino-suisse en promouvant la montée en gamme de cet accord, pour faciliter le bon usage de cette mesure favorable au commerce.

Technologies avancées suisses et énorme marché chinois

Dans le domaine scientifique, les deux parties utiliseront le système du groupe de travail dans le cadre de la coopération scientifique pour entamer les échanges et l’évaluation réguliers des résultats coopératifs, et soutenir les coopérations nouvelles entre les entreprises, les universitaires et les institutions des recherches scientifiques des deux pays.

Dans le secteur de l’agriculture écologique, les deux pays tireront profit des avantages complémentaires entre les technologies avancées suisses et l’énorme marché chinois, afin de mettre en valeur le potentiel et de renforcer les échanges et coopérations pour la réalisation du développement agricole durable.

En matière de l’économie d’énergie et de protection de l’environnement, la coopération sino-suisse attachera de l’importance à la prévention de la pollution atmosphérique, au développement à bas carbone des villes, à la consommation verte, à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la promotion des énergies renouvelables, pour la réalisation du développement durable.

Les deux pays veilleront également à promouvoir les échanges culturels, les connaissances mutuelles et l’amitié entre les peuples chinois et suisse à travers le renforcement des coopérations dans divers aspects tels que la culture, l’éducation, le tourisme, la santé, le sport et la jeunesse.

Un vent printanier souffle sur la coopération sino-suisse

En tant que nouvel ambassadeur de Chine auprès de la Confédération suisse, juste après mes prises de fonctions, j’ai déjà eu l’occasion d’accueillir M. le Président Schneider-Ammann en visite d’État à Pékin et d’assister aux entretiens entre les dirigeants des deux pays, témoignant de ce moment historique de l’installation du «partenariat stratégique innovateur» sino-suisse. Ce qui m’impressionne le plus est que, malgré les grandes différences entre les deux pays en ce qui concerne l’histoire, la culture, le système social et la taille du pays, la Chine et la Confédération suisse, tout en tenant à l’égalité dans le respect mutuel et aux échanges grâce à l’apprentissage réciproque, ont enfin réussi à élargir les intérêts communs et à réaliser les avantages mutuels et le gagnant-gagnant.

Un dicton chinois dit: «Le travail de toute l’année dépend d’un bon début au printemps.» La visite d’État en Chine de M. le Président Schneider-Ammann a apporté un vent printanier à la coopération sino-suisse, qui entrera dans une nouvelle ère avec un développement plus rapide, des domaines de coopération plus vastes et des résultats plus fructueux.

Je tiens à m’efforcer, main dans la main avec nos amis suisses de tous les milieux, à promouvoir le développement du partenariat stratégique innovateur sino-suisse et l’approfondissement et l’élargissement continu des coopérations dans tous les domaines entre nos deux pays.

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