Durant la présentation de son équipe diplomatique, Joe Biden a déclaré: «L’Amérique est de retour, prête à guider le monde et pas à s’en retirer.» La grande majorité des dirigeants européens sont satisfaits. Dès janvier 2021, la fin de l’ère Donald Trump rétablira l’orthodoxie dans la politique étrangère américaine: les brimades diplomatiques, les menaces économiques, les louanges de chefs d’Etats autoritaires et les attaques contre un système multilatéral cher aux Européens cesseront, ou du moins diminueront fortement. Mais si l’Europe respire, l’Asie orientale est divisée, et ce non pas entre pays amis et compétiteurs des Etats-Unis, mais dans chacun de ces pays et au sein de leurs institutions.

Dans un certain sens, la promesse d’un retour des Américains à une certaine normalité diplomatique est une bonne nouvelle pour la Corée du Sud. Trump a usé de pressions économiques pour forcer une révision de l’accord de libre-échange entre les deux pays, obtenue en septembre 2018. Il a agité le spectre d’un retrait des troupes américaines basées en Corée du Sud, qui garantissent aujourd’hui sa sécurité. Trump a aussi engagé d’âpres négociations afin d’amener Séoul à payer 500% de plus, soit environ 5 milliards de dollars par année, pour le maintien des soldats américains sur son sol. Biden et son équipe comprennent la valeur intrinsèque des alliances, et devraient donc se montrer plus modérés.