Le centenaire de l’Association des archivistes suisses est bien plus qu’une date dans le calendrier. Le 4 septembre 1922, à Lenzbourg, 11 membres fondent l’Association des archivistes suisses (AAS), une des premières du monde. Cent ans plus tard, l’AAS est toujours là, vigoureuse et innovante. Elle sort de vingt-cinq ans d’efforts continus, assaillie de toutes parts par les dossiers de la honte de l’histoire suisse: refoulement et spoliation des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale; enfants victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et internement administratif. Durant ce laps de temps, elle a presque triplé ses effectifs (1004 membres individuels et collectifs). Elle a instauré des filières communes de formation d’assistant et de spécialiste en information documentaire, et introduit un enseignement postgrade spécifique. Elle relève les défis de l’archivage électronique, de la dématérialisation et de la gouvernance de l’information. Pour sa défense, elle émet des déclarations et intervient lors des consultations. La communauté a pris le pas sur l’individu; les pratiques suivent des principes à valeur universelle; l’horizon de travail est international; interconnectivité et interopérabilité sont des termes de son langage.