revue de presse

Laurent Ségalat, décrit comme «criminel avéré», peut dormir tranquille

Le refus de la France d’incarcérer le généticien français reconnu coupable de meurtre par la justice suisse «sidère» les médias. Personne ne comprend

Condamné à 14 ans de prison pour le meurtre de sa belle-mère, le généticien français Laurent Ségalat, réfugié à son domicile de Thonon-les-Bains, ne sera donc pas contraint d’exécuter sa peine dans l’Hexagone. «La France sidère en refusant» de l’incarcérer, réagit en «une» 24 heures, qui consacre à l’affaire toute sa page 3 et son éditorial du jour. Lequel se conclut ainsi: dans la mesure où la France «ne remet pas en cause le verdict de culpabilité, le dossier a de quoi choquer». Il choque d’ailleurs aussi le correspondant en Suisse de TV5Monde:

«A l’heure de la coopération internationale brandie à tout bout de champ et de l’amitié franco-suisse retrouvée, enchaîne le quotidien vaudois, ce dernier coup de théâtre […] a quelque chose de véritablement incompréhensible. Il faut croire que les considérations purement techniques n’auront pas été les seules à faire pencher la balance, tant la dimension politique est présente dans cette affaire. Aussi bien dans le refus français que dans le peu de réaction des autorités suisses»: Etat de Vaud et Confédération se renvoient la balle. Tous deux «semblent dépités, mais ne le diront pas».

Du coup, sur le compte Twitter de «Révolution Libérale», qui se revendique de Périclès en affichant qu’«il n’est point de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage», on en profite pour en revenir aux «vrais» problèmes:

Et Bénédicte, la caricaturiste qui a succédé à Burki au crayon du quotidien vaudois, s’en donne à cœur joie:

«Paris fait fi du TF», renchérit Le Matin, tout en renvoyant à l’infographie du Parisien, qui reconstitue l’emploi du temps du condamné ce fameux 9 janvier 2010 à Vaux-sur-Morges. Alors que pour Jacques Barillon, l’avocat des sœurs de la belle-mère de Laurent Ségalat interrogé par le Forum radiophonique de RTS Info, la décision va «à l’encontre non seulement du droit, mais aussi de la morale et du bon sens». L’impunité de fait est «tout de même difficilement admissible», dit-il. «Pour beaucoup moins que cela, le moindre petit malfrat est jeté en prison sans ménagement, et voilà un criminel avéré qui peut écrire des livres, se bronzer dans le sud de la France.»

«On voit mal ce qui pourrait l’empêcher de rester libre encore quelques années», selon l’analyse que livre le TJ de 19.30. L’Etat de Vaud va chercher des voies de droit, «mais on ne sait pas s’il y en a. Il n’y a aujourd’hui aucune piste très concrète à explorer. Sauf si Laurent Ségalat quitte la France pour un pays tiers, où le mandat d’arrêt international pourrait faire effet. Mais c’«est un généticien, une tête bien faite, on le voit mal commettre cette erreur-là».

Conclusion: y a-t-il une «brouille diplomatique en vue entre la France et la Suisse?» se demande L’Express. Et le préposé à la protection des données et à la transparence du canton du Valais, Sébastien Fanti, de s’étrangler sur Twitter:

Publicité