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L’avenir de l’Europe se joue aussi à Sofia

A une semaine de la votation sur la libre-circulation, quelques cinglants rappels parviennent jusqu’à Bruxelles en provenance des nouveaux membres de l’UE

Jacques Barrot est, à Bruxelles, l’un des plus fervents défenseurs de la Suisse. Le Commissaire européen à la justice ne ratait jamais une occasion, lorsqu’il s’occupait des transports, de saluer les tunnels alpins helvétiques et ce « partenaire fiable » qu’est la Confédération.

Désormais en charge des questions relatives aux accords de Schengen/Dublin, le centriste français s’est félicité en décembre de l’intégration de la Suisse à cet espace de sécurité continental. Tout en attirant l’attention, chose logique, sur les conséquences d’un « non » le 8 février, tant la libre-circulation et la disparition des contrôles aux frontières sont, pour Bruxelles et les Etats signataires, intimement liées.

Or Jacques Barrot était récemment à Sofia pour un ultime cadrage avant la remise, prévue à la mi-février, d’un rapport technique sur les avancées de la Bulgarie (et de la Roumanie) sur leurs avancées en matière de réforme du système judiciaire et de luttre contre la corruption et le crime organisé. La Commission, rappelons-le, a ces deux pays dans le collimateur et devrait de nouveau publier cet été un rapport politique sur leurs efforts controversés pour consolider l’Etat de droit.

La question du vote en Suisse sur la libre-circulation a fait, m’a-t-on dit, partie des sujets évoqués dans la capitale bulgare. Avec, au passage, quelques petits rappels cinglants que les détracteurs helvétiques des « corbeaux » feraient bien d’avoir en tête.

La Bulgarie, dernière frontière orientale de l’UE sur la mer Noire avec la Roumanie, a ainsi bien fait comprendre au commissaire européen à la justice que la seule solidarité acceptable de la part de Bruxelles est une solidarité pleine et entière. La pénurie d’énergie provoquée par l’affrontement Russo-Ukrainien ont rappelé au gouvernement de Sofia - conseillé par l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin - que la Bulgarie doit défendre bec et ongles ses intérêts si elle ne veut pas se laisser marginaliser.

Mieux : la guerre du gaz a, en plongeant dans le froid des millions de bulgares, fait soudainement rprendre conscience à Bruxelles de l’importance stratégique de ce pays sur au moins trois fronts cruciaux pour le futur : les relations avec la Russie, celles avec la Turquie et le grand jeu énergétique, avec entre autres, le fameux projet de gazoduc Nabucco. « Vous voulez mon avis ? L’avenir de l’Europe se joue davantage à Sofia qu’à Berne… » m’a lâché, dans un grand sourire, un journaliste de Trud, l’un des principaux quotidiens bulgares.

Ce type d’appréciation, direz-vous, n’a rien à voir avec le vote du 8 février. Et l’enjeu économique des relations entre l’UE et la Suisse, son deuxième partenaire commercial, pèse bien plus lourd à court terme que les plans mirifiques aux confins orientaux de l’Europe…Mais il n’empche. Sortie dépitée de la crise gazière, inquiète du manque de solidarité de ses pairs, la Bulgarie supporterait à coup sur très mal un nouvel affront. Surtout s’il vient d’un pays-tiers contre qui l’UE dispose de moyens de pressions.

Un rappel que la République Tchèque, ardent promoteur d’un « partenariat oriental » - dont le sommet fondateur devrait avoir lieu fin mai à Prague - ne manquera pas de souffler, le 9 février aux vingt-sept, si les urnes helvétiques devaient accoucher d’un « Non ».

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© Gabioud Simon (gam)