revue de presse dominicale

L’avenir s’assombrit pour les dirigeants de Credit Suisse

Christoph Blocher estime que Brady Dougan, directeur général de Credit Suisse, et Urs Rohner, président du conseil d’administration, devraient se retirer pour sauver la banque. Lundi matin, l’agence Bloomberg affirme que l’annonce peut tomber dès aujourd’hui

«Nous avons dirigé une entreprise criminelle». C’est en substance la déclaration écrite que le Département américain de la justice (DoJ) attend des dirigeants de Credit Suisse, explique dimanche la SonntagsZeitung sur la base d’informations fournies par un cercle d’avocats qui représentent des anciens employés de la banque. Une déclaration contraire à ce que le directeur général de Credit Suisse, Brady Dougan, avait affirmé devant la commission d’enquête du Sénat, en février dernier, et qui devrait décharger ces employés de toute culpabilité aux Etats-Unis, estiment les avocats. Pour le président du Parti bourgeois démocrate (PBD), Martin Landolt, un tel aveu compromettrait sérieusement l’avenir des dirigeants de la banque: «Il deviendrait alors très difficile pour eux de rester en place», estime-il dans le dominical alémanique.

Martin Landolt n’est pas le seul à craindre pour le sort de Brady Dougan et d’Urs Rohner, le président du conseil d’administration de Credit Suisse. Selon Schweiz am Sonntag, Christoph Blocher serait en train de préparer un avis à leur attention, dans lequel le futur ex-conseiller national plaide pour que la banque admette une «lourde responsabilité» dans le dossier américain. «Je pense que tant le directeur général que le président de la banque doivent se retirer, pour sauver la banque», confie le vice-président de l’UDC à l’hebdomadaire, estimant «honteux» que Brady Dougan ne compte «apparemment que sauver sa peau».

Alors que les conditions de l’accord entre Credit Suisse et le DoJ pourraient être annoncées lundi soir – ce matin, l’agence financière Bloomberg affirme à son tour que l’annonce de l’amende (de 2,5 milliards de dollars) peut tomber dès aujourd’hui –, le patron de la banque américaine Goldman Sachs met en garde contre le risque pour le système financier en cas de sanctions trop dures contre la banque. Lloyd Blankfein estime que l’impact «dépend des conséquences si [Credit Suisse] plaide coupable», selon des propos rapportés par le Wall Street Journal. Le banquier faisant référence à la menace d’un retrait de la licence bancaire de Credit Suisse.

Outre les banques suisses, d’autres institutions financières helvétiques sont aussi dans le collimateur des autorités américaines, souligne quant à lui «Le Matin Dimanche». Alors que la société zurichoise Swisspartners vient de payer une amende de 4,4 millions pour avoir vendu des assurances-vie à des évadés fiscaux américains, l’assureur vaudois Retraites Populaires a du souci à se faire, écrit l’hebdomadaire lausannois: l’établissement aurait accueilli pendant des années des millions de dollars de clients américains. La société, qui appliquera l’accord Fatca dès le 1er juillet prochain, n’a toutefois pas «jugé nécessaire» de consulter un cabinet d’avocats américain pour éclaircir sa situation, poursuit «Le Matin Dimanche».

Autre institution helvétique, les CFF souhaitent limiter au strict minimum les investissements d’entretien du réseau ferroviaire, écrit la «NZZ an Sonntag» en relatant une décision du responsable de la division CFF Infrastructures, Philippe Gauderon. Ceci alors que l’ex-régie a déjà économisé plus d’un milliard sur les fonds qui étaient destinés à l’entretien des voies. Cités par l’hebdomadaire, des experts mettent en garde contre le risque de hausse des coûts à long terme que comporte selon eux cette stratégie.

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