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Habitacle de la voiture autonome imaginée par le constructeur français Renault. Genève, Salon de l’automobile. 7 mars 2018.
© CYRIL ZINGARO

Opinion

L’avenir de la voiture autonome se décidera à Genève

OPINION. Genève est la ville la plus adaptée pour parvenir à un équilibre, à l’ère de l’intelligence artificielle et du big data, entre les progrès de la technologie et de l’humanité. La preuve par la voiture autonome, explique Jovan Kurbalija, directeur de la fondation DiploFondation

Cette semaine, Genève accueille le Salon international de l’automobile. Elle accueille également la 37e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. A première vue, ces deux événements ont peu en commun. Mais à mesure que les voitures se transforment en «ordinateurs à quatre roues», les problématiques liées à l’intelligence artificielle (IA) et l’éthique, la protection des données, la sécurité des citoyens, ainsi qu’à d’autres droits humains, deviennent de plus en plus essentielles.

Le développement des voitures autonomes pose également de nouvelles questions, en particulier en matière de cybersécurité, de standardisation et en ce qui concerne leur impact sur l’emploi. La plupart de ces problématiques sont déjà abordées au sein de la Genève internationale, à quelques kilomètres de Palexpo, où le Salon de l’automobile se tient chaque année. L’écosystème de Genève offre un espace unique pour traiter du futur de l’automobile dans des perspectives technologiques, éthiques, commerciales et sociétales.

La question éthique est incontournable dans les discussions portant sur l’IA et l’automobile. Bien qu’il soit certain que les voitures intelligentes feront moins d’erreurs que les conducteurs humains, la tolérance aux échecs de l’IA sera significativement plus faible. Les philosophes devront se joindre aux ingénieurs pour développer une approche éthique adéquate sur laquelle reposeront les algorithmes de ces nouveaux véhicules. Les débats sur les voitures intelligentes et l’IA exigent que nous revisitions en profondeur les principales questions éthiques liées au choix, à la liberté et à la responsabilité.

Nouvelles vulnérabilités

Les voitures intelligentes reposent sur le big data, comme illustré ci-dessus. Au lieu de développer des algorithmes envisageant toutes les possibilités dans lesquelles un véhicule peut se trouver, les développeurs de l’IA adossent les algorithmes à des données générées dans des conditions de conduite réelles.

Cependant, cela pose la question du respect de la vie privée, et de l’applicabilité de la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données à celles générées par les voitures. Trouver le juste équilibre entre l’usage économique de ces informations et la protection de la vie privée sera une des priorités à l’agenda des communautés du commerce et des droits de l’homme au sein de la Genève internationale.

Le piratage des véhicules, du fait des risques qu’il pose en termes de vies humaines, semble nécessiter des réglementations particulièrement strictes

Les voitures intelligentes vont créer de nouvelles vulnérabilités. Si les voitures du futur sont piratées, des vies humaines en payeront le prix. Ainsi, l’industrie automobile met fortement l’accent sur la cybersécurité. Néanmoins, une question demeure: les solutions techniques de cybersécurité seront-elles suffisantes ou faudra-t-il de nouvelles lois qui punissent le piratage des voitures sans conducteur de façon plus stricte que pour le piratage informatique? Le piratage des véhicules, du fait des risques qu’il pose en termes de vies humaines, semble nécessiter des réglementations et des sanctions particulièrement strictes.

Standards élaborés à Genève

De nouveaux standards d’utilisation et de sécurité devront être développés pour les voitures intelligentes. L’industrie automobile, comme l’industrie numérique, repose déjà sur un grand nombre de standards. La plupart de ces standards sont développés depuis Genève. L’Organisation internationale de normalisation (ISO) est un point de convergence logique pour les standards relevant du monde numérique et ceux du transport. En matière de numérique, des contributions importantes pourraient être apportées par la Commission électrotechnique internationale et par l’Union internationale des télécommunications. En ce qui concerne les standards relatifs au transport, Genève abrite également l’Union internationale des transports routiers qui facilite la standardisation au niveau mondial à travers l’utilisation de Carnets TIR.

Les véhicules autonomes auront un impact sur près de 10% de la population active aux Etats-Unis. De nouveaux emplois seront créés. La question est de savoir quand cela sera effectivement le cas. Le futur du travail, notamment dans l’industrie des transports, est au cœur des débats politiques, alors que l’Organisation internationale du travail célébrera son centième anniversaire en 2019.

A travers l’histoire, Genève a été le lieu où des équilibres subtils entre les progrès de la technologie et de l’humanité ont été trouvés. L’histoire passée et l’expertise actuelle confirment un peu plus que Genève est la ville la plus adaptée pour parvenir à un tel équilibre à l’ère de l’IA et du big data. Le succès (ou l’échec) de cette quête pour trouver des politiques adéquates pour les voitures intelligentes n’affectera pas seulement le futur de l’automobile, mais également le futur de l’IA dans de nombreux autres secteurs.

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© Gabioud Simon (gam)